Mieux soutenir les personnes atteintes de maladies pulmonaires



Plus de 700 000 Canadiens et Canadiennes souffrent de la maladie pulmonaire obstructive chronique – communément appelée MPOC. En plus de devoir vivre avec des capacités respiratoires réduites, qui entraînent essoufflement, toux et sécrétions en permanence, de 20 à 25 % d'entre eux développeraient des problèmes de santé mentale, principalement des troubles anxieux et des dépressions. Bien que cette population représente un lourd fardeau médical et économique, entre autres en engorgeant les urgences, on connaît mal ses caractéristiques.

La plupart des patients souffrant de MPOC proviennent de quartiers défavorisés.

Pour combler cette lacune, Gregory Moullec, professeur à l'École de santé publique à l'Université de Montréal et chercheur au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal, a mené une grande enquête en collaboration avec cinq hôpitaux de la région de Montréal. Il a constaté notamment que la plupart des patients souffrant de MPOC proviennent de quartiers défavorisés. Pourquoi? En particulier parce qu'on y trouve plus de tabagisme, cause la plus importante, et davantage de problèmes mentaux, à la fois facteurs de risque et conséquences de la MPOC.

Avec un géographe urbain, Gregory Moullec a cherché des moyens de diminuer et de prévenir les cas de MPOC et les maladies associées. Il suggère notamment d'augmenter le nombre de parcs dans les quartiers défavorisés, afin d'inciter les résidents à bouger davantage dans leur vie quotidienne. Pour désengorger les urgences, le chercheur incite les villes à diversifier l'offre de transport public de façon à faciliter les trajets vers les services de première ligne (les cliniques ou les CLSC). En effet, dans plusieurs quartiers, les gens n'ont pas accès facilement à ces services de santé. Conséquence : soit ils ne se soignent pas, soit ils se dirigent vers les urgences lorsque les symptômes s'aggravent trop.

Le professeur Moullec propose aussi de créer des groupes d'entraide dans les quartiers et les villages isolés. Ces groupes pourraient offrir des programmes de suivi communautaire aux individus atteints de la MPOC. Le chercheur, qui a testé cette approche, affirme qu'elle diminue grandement l'utilisation des soins d'urgence lorsque les patients, surtout ceux souffrant de troubles mentaux, sont suivis de près.