Épilepsie : mieux réussir les chirurgies



30 % des personnes épileptiques ne sont pas soignées efficacement avec les médicaments disponibles. 

Plus de 300 000 Canadiens et Canadiennes sont touchés par l'épilepsie, une maladie neurologique sévère qui prend la forme de crises provoquées par une activité électrique anormale du cerveau.

Actuellement, 30 % des personnes épileptiques ne sont pas soignées efficacement avec les médicaments disponibles ou sont résistantes aux traitements. La chirurgie est alors leur seul espoir pour retrouver une vie normale. Toutefois, la moitié des patients opérés continuent d'avoir des crises d'épilepsie. Tout un casse-tête pour les neurologues, qui tentent tant bien que mal de repérer et de retirer les foyers des crises. 

Actuellement, les épileptiques candidats à une chirurgie doivent passer de une à deux semaines à l'hôpital. Les médecins y enregistrent les crises et identifient leur origine grâce à l'électroencéphalogramme (EEG), qui mesure les signaux électriques au moyen d'électrodes placées sur la tête. Chez certains patients, toutefois, il est impossible de détecter les crises de cette façon et il faut leur implanter les électrodes dans le cerveau même. Il s'agit d'une intervention invasive pouvant causer des complications, qui s'ajoute à la chirurgie, elle-même invasive.

Birgit Frauscher, chercheuse au Neuro de l'Université McGill, et son équipe développent actuellement des marqueurs de l'épilepsie qui, combinés à des techniques de l'intelligence artificielle, repèrent avec précision la zone épileptogène, indépendamment d'une crise. Par exemple, certaines caractéristiques des pointes épileptiques, soit des oscillations haute fréquence, peuvent servir de marqueurs. L'EEG se complète alors en une dizaine de minutes de sommeil profond seulement comparativement au suivi d'une à deux semaines ! En plus, les scientifiques utilisent de nouvelles techniques d'EEG en haute résolution avec 256 électrodes afin d'obtenir de l'information sur le foyer épileptique sans devoir insérer des électrodes dans le cerveau. La chercheuse espère ainsi augmenter le taux de réussite des chirurgies.