Vivre une grossesse normale malgré la maladie



L'arthrite rhumatoïde touche environ 1 % de la population et les femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes d'en être atteintes. Si une femme touchée par cette maladie auto-immune tombe enceinte, est-ce sécuritaire pour elle de prendre un médicament pour soigner sa maladie?

De nouveaux médicaments pourraient être utilisés sans risque excessif pour l'enfant.

Les recherches menées par la docteure Évelyne Vinet et son équipe à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) démontrent que de nouveaux médicaments pourraient être utilisés à cette fin sans risque excessif pour l'enfant. Contrairement à l'arthose, qui cause un vieillissement prématuré des articulations, l'arthrite rhumatoïde peut détruire ces dernières ou même s'attaquer aux organes lorsqu'elle n'est pas traitée.

Depuis 20 ans, de nouveaux médicaments biologiques très efficaces, dénommés « anti TNF » (tumor necrosis factor), ont ainsi été mis au point pour traiter efficacement l'arthrite rhumatoïde, mais ces produits, qui pour la plupart sont des anticorps monoclonaux, peuvent traverser le placenta et se retrouver en concentrations trop élevées chez le fœtus. C'est pourquoi la docteure Vinet et son équipe ont recensé une banque de données américaine comprenant environ 3 000 enfants nés de mères atteintes d'arthrite rhumatoïde, dont 380 d'entre eux ont été exposés aux anti-TNF. Résultat : ces médicaments, qui peuvent affecter le système immunitaire, ne semblent pas présenter un risque infectieux marqué pour les enfants.

D'autres études sont nécessaires toutefois pour confirmer leur sécurité. Évelyne Vinet, aussi chercheuse au Département de médecine de l'Université McGill, souhaite maintenant étudier toutes les grossesses exposées aux anti-TNF en incluant des femmes atteintes d'autres maladies auto-immunes, telles que la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse et le psoriasis.