Vers un nouvel outil pour établir la mort cérébrale



Souvent, le médecin ne pourra pas prononcer le décès et le processus de don d'organe sera retardé, ce qui altère la qualité des organes. 

Le Canada est en pénurie d'organes : quelque 4500 patients se trouvent sur la liste d'attente pour une transplantation et environ 260 personnes décèdent chaque année faute d'organe de remplacement. Comment améliorer cette situation ? Notamment par un meilleur diagnostic de la mort cérébrale, pense Michaël Chassé, chercheur au Centre de recherche du CHUM et professeur de clinique au Département de médecine et École de santé publique de l'Université de Montréal.

L'examen clinique qui sert à constater un décès neurologique n'est pas toujours fiable. En effet, des cas d'hypothermie, de blessures sévères au visage ou de paralysie empêchent le médecin d'examiner les réflexes du patient, telle l'absence de respiration ou de réaction des pupilles. Il recommande alors un scan pour vérifier s'il y a présence de sang dans le cerveau. Toutefois, l'image obtenue ne permet pas de déterminer si le sang circule encore réellement dans le tronc cérébral, signe indéniable que le patient vit toujours. Souvent, le médecin ne pourra pas prononcer le décès et le processus de don d'organe sera retardé, ce qui altère la qualité des organes.

Michaël Chassé a décidé d'évaluer les possibilités qu'un outil existant, soit l'imagerie CT-Perfusion utilisée pour les AVC, puisse aider à résoudre ce problème. Il a reprogrammé la machine et établi un nouveau protocole pour analyser une cohorte de 300 patients canadiens plongés dans un coma profond. Il comparera le diagnostic obtenu au moyen de ce scan avec le diagnostic clinique des médecins.

Ce type d'appareil d'imagerie a comme particularité de prendre plusieurs photos du cerveau : en suivant en temps réel la trajectoire du sang, à la manière d'un film, on pourrait confirmer hors de tout doute la mort cérébrale. Cet outil viendrait en aide aux médecins lorsque le diagnostic clinique n'est pas évident ou lorsque le scan est obligatoire, comme dans certains hôpitaux de l'Ouest canadien.

Plusieurs organisations, telles la Société canadienne du sang et l'Organisation mondiale de la santé, ont montré de l'intérêt pour cette étude qui contribuera à mettre à jour les recommandations à suivre pour certifier un décès neurologique.