Améliorer le succès du don d'organes



Actuellement, le taux de rejet et de complications dans les jours suivant la transplantation reste élevé.

Une meilleure prise en charge médicale des patients après un décès neurologique, ou mort cérébrale, pourrait augmenter de 20 % le nombre d'organes prélevés ainsi que la durée de vie des organes transplantés, affirme le chercheur Frédérick D'Aragon, anesthésiologiste et intensiviste au CIUSSS de l'Estrie – CHUS et coordonnateur médical en dons d'organes pour cette région.

Les personnes décédées neurologiquement aux soins intensifs sont les principaux donneurs d'organes. Actuellement, le taux de rejet et de complications dans les jours suivant la transplantation reste élevé, notamment à cause de dommages irréversibles causés aux organes avant l'intervention. Comme il y a, au Québec, environ 180 donneurs qualifiés par année pour 799 patients en attente d'une greffe, on n'a pas le loisir d'en échapper!

Afin d'améliorer le succès du don d'organes, Frédérick d'Aragon a mis sur pied une plateforme de recherche pour évaluer et documenter l'importance des pratiques de prélèvement et de transplantation. Ce qu'il a fait auprès de 602 patients et patientes aux soins intensifs dans 30 centres hospitaliers du Canada.

En marge de cette analyse, le chercheur s'est particulièrement intéressé à l'approche prometteuse des immunosuppresseurs pour contrer la libération massive de cytokines lors de la mort cérébrale. Ces molécules pro-inflammatoires, dont les niveaux varient d'un donneur à un autre, endommagent les organes.

Mais quel est le moment idéal pour donner les immunosuppresseurs? Est-ce qu'il est préférable de les administrer en dose unique ou en continu?

Pour répondre à ces questions, Frédérick d'Aragon et ses collègues ingénieurs, mathématiciens et biochimistes sont en train de développer un appareil doté de l'intelligence artificielle qui injectera de façon autonome et automatique les médicaments aux donneurs. Cet outil pourra mesurer en temps réel les niveaux de cytokines ainsi que la détérioration des organes, et il administrera automatiquement, selon les données mesurées et les caractéristiques du patient ou de la patiente, un traitement individualisé.

Les chercheurs projettent ensuite mener une étude randomisée pour tester les immunosuppresseurs contre un placebo chez 70 donneurs au Canada, et ainsi faire ressortir les pratiques gagnantes.