Vacciner ou ne pas vacciner?



83 % des parents hésitants sont préoccupés par les effets secondaires potentiels des vaccins, alors que
77 % doutent de leur efficacité. 

En 2011 et 2015, le Québec a connu des éclosions de rougeole, une maladie infantile qui peut pourtant être prévenue par des vaccins offerts gratuitement. De telles situations pourraient se reproduire en raison du phénomène d'incertitude face à la vaccination.

Le tiers des parents québécois hésitent en effet à faire vacciner leurs enfants. Parmi eux, certains accepteront finalement tous les vaccins, d'autres en refuseront quelques-uns et une minorité les déclinera tous. En bout de ligne, 80 % des enfants québécois sont vaccinés selon le calendrier prévu par le gouvernement. C'est bien, mais il y a place à l'amélioration. En comparaison, la couverture vaccinale de l'Australie atteint 95 %.

Ève Dubé, professeure à la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval et chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, a mené une centaine d'entrevues et analysé les réponses de 2000 questionnaires pour comprendre l'origine des doutes. Pourquoi les professionnels de la santé passent-ils plus de temps à discuter de la vaccination avec leurs patients qu'auparavant?

Une première analyse des résultats révèle que 83 % des parents hésitants sont préoccupés par les effets secondaires potentiels des vaccins, alors que 77 % doutent de leur efficacité. Ces fausses vérités sont souvent véhiculées par les médias sociaux.

Fait étonnant, ce sont généralement les citoyens éduqués, ayant un bon emploi, incluant certains professionnels de la santé, qui hésitent le plus. Selon la chercheuse, ces gens se questionnent beaucoup, cherchent davantage à s'informer et sont très critiques face à l'information sur la vaccination. Elle déplore aussi le manque d'outils et de formation pour soutenir les intervenants en santé dans ce domaine. Ève Dubé espère que ses travaux aideront le gouvernement et le milieu médical à mieux assurer la promotion de la vaccination.