Traitements d'urgence pour allergies sévères



Entre 2012 et 2016, les enfants de Montréal et de l'Outaouais se sont pointés deux fois plus souvent à l'urgence pour des cas d'anaphylaxie, une réaction allergique sévère, révèle une étude dirigée par Moshe Ben-Shoshan, allergologue pédiatrique et immunologiste à l'Hôpital de Montréal pour enfants et chercheur à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. Ce constat inquiète le médecin, d'autant plus que seulement 50 % des patients admis pour une anaphylaxie possèdent un auto-injecteur d'épinéphrine, ou adrénaline, le médicament « sauveur de vie », et qu'uniquement la moitié d'entre eux l'avaient utilisé avant leur arrivée à l'urgence.

Quelque 600 000 Canadiens sont à risque d'anaphylaxie, principalement à cause des noix, des arachides et des piqures d'insectes.

Selon de récentes statistiques, quelque 600 000 Canadiens sont à risque d'anaphylaxie, principalement à cause des noix, des arachides et des piqures d'insectes. Cette réaction allergique extrêmement violente se manifeste de différentes façons : urticaire, respiration sifflante, enflure, sensation d'angoisse et d'oppression, pouls rapide, etc. L'un des défis pour les médecins est de départager l'allergie sévère des intolérances, des crises d'anxiété et des virus, qui déclenchent tous des symptômes semblables. Difficile à faire sur la seule base des examens cliniques et même des tests cutanés!

Pour y arriver, le Dr Ben-Shoshan a évalué un test diagnostique de l'anaphylaxie basé sur le dépistage de la molécule tryptase, un marqueur spécifique des réactions allergiques. Une simple prise de sang confirme ainsi, en quelques jours, si le patient a réellement subi une anaphylaxie et s'il a besoin d'un auto-injecteur. Ce nouveau test, actuellement disponible dans certaines cliniques et urgences, dont celles de l'Hôpital de Montréal pour enfants, est particulièrement utilisé chez les jeunes pour diminuer le nombre de tests cutanés… un peu désagréables et pas toujours précis.