Réapprendre à dormir



Environ 10 % des adultes québécois souffrent d'insomnie chronique, alors que plus ou moins 30 % font de l'insomnie ponctuelle, par exemple, lors de périodes stressantes (décès d'un proche, perte d'emploi, séparation, etc.).

Pour vaincre ce problème, qui peut avoir de sérieuses conséquences sur la santé mentale et physique, Charles Morin, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les troubles du sommeil à l'Université Laval, étudie l'efficacité des traitements cognitivo-comportementaux (TCC).

Les résultats des thérapies fournissent une quantité importante de données qui aide à raffiner notre compréhension de l'insomnie et son traitement.

La partie cognitive vise les croyances, les pensées négatives et les inquiétudes par rapport à l'insomnie, alors que l'approche comportementale cible plutôt les habitudes et les attitudes qui nuisent au sommeil. Pensons, par exemple, à la consommation de nicotine, d'alcool ou de caféine, ou encore à certains mécanismes développés pour tenter de contrer les effets de l'insomnie, comme les siestes ou le fait d'aller au lit plus tôt dans l'espoir d'allonger sa nuit de sommeil.

Les TCC misent sur des thérapies brèves qui sont axées sur la résolution de problème et l'autonomie du patient. Le thérapeute émet des consignes thérapeutiques en fonction des problèmes spécifiques du patient, et lui offre ensuite du soutien, de la motivation et de l'encadrement pour l'aider à suivre ces consignes de manière optimale. « Réapprendre à dormir peut sembler simple, mais ça ne l'est pas. Il est préférable d'être appuyé par un professionnel », ajoute le chercheur. À la suite d'un tel traitement, environ 80 % des gens constatent une amélioration de leur sommeil et près de la moitié réussissent à vaincre l'insomnie.

Les résultats des thérapies effectuées à l'Université Laval fournissent chaque semaine une quantité importante de données qui aide à raffiner notre compréhension de l'insomnie et son traitement. Toute cette information a permis de développer des approches de plus en plus individualisées et certains outils, notamment un livre d'autogestion du sommeil et des approches interactives numériques.

De plus, dans une récente étude,  Charles Morin et son équipe ont examiné le succès des TCC par rapport à la médication. Les résultats montrent que celle-ci peut jouer un rôle positif dans le cadre d'un traitement. Toutefois, parce qu'elle attaque le problème à la source plutôt que d'en traiter les causes, l'approche cognitivo-comportementale demeure un élément central d'un traitement efficace.