Oxygéner automatiquement



En manque d'O2? François Lellouche, chercheur à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, et son collègue Erwan L'Her, pneumologue à Brest, en France, ont remis au goût du jour l'oxygénothérapie.

Le système actuel de ce traitement pour administrer artificiellement de l'oxygène date de… 1910. Les deux scientifiques proposent FreeO2, une solution innovante d'ajustements automatiques des débits d'oxygène en fonction des besoins des patients opérés ou souffrant d'insuffisance cardiorespiratoire.

Les premières études ont montré entre autres que FreeO2 améliore la sécurité des patients et réduit la durée du séjour en milieu hospitalier.

La Société de valorisation associée à l'Université Laval (SOVAR) a investi 100 000 $ en décembre 2014 pour que l'ingénieux dispositif médical puisse percer le marché européen dès 2016 par l'entremise de la compagnie Oxy'Nov, cofondée par les deux chercheurs. Les premières études ont montré que FreeO2 améliore la sécurité des patients, réduit la durée du séjour en milieu hospitalier et génère des économies importantes pour le réseau de santé.

Pour régler l'apport d'O2 aux patients, on utilise actuellement un débitmètre à bille. Cet outil fonctionne bien, mais il a ses limites. Le réglage manuel demande du temps et l'ajustement n'est pas optimal. De plus, l'appareil n'enregistre aucune donnée numérique pour le suivi à distance, par exemple. Avec des étudiants en génie de l'Université Laval, le Dr Lellouche, également professeur au Département d'anesthésiologie et de soins intensifs de l'Université Laval, a conçu un système dont les capteurs assurent le suivi personnalisé du débit d'oxygène, mais aussi des principaux paramètres cardiorespiratoires, au chevet du malade ou à distance. Le personnel soignant n'a plus à se préoccuper d'une éventuelle désaturation (manque d'O2) ou hyperoxie (excès d'O2), et peut de surcroît déceler rapidement une détérioration de l'état du patient lorsque, par exemple, le système augmente continuellement le débit d'O2.

La société Oxy'Nov espère vendre son appareil aux hôpitaux l'année prochaine et offrir par la suite une version portable pour les patients à domicile.