Schizophrénie et violence : vers une meilleure évaluation et gestion du risque

 

Alexandre Dumais

Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers cliniciens - Junior 1

Concours 2015-2016

Des recherches ont montré que la présence d'un trouble psychotique augmente le risque de comportement violent (CV). Ces CV commis par des personnes atteintes de schizophrénie sont parfois d'une extrême violence. En effet, ce sont les rares homicides qui focalisent toute l'attention médiatique et qui sont à l'origine de la stigmatisation. La réponse du système de santé est souvent évasive puisque les traitements actuels sont peu efficaces. Un grand coût social tant au plan humain que financier y est associé. Une des causes financières étant l'intensité des soins et services requis pour le parcours légal.

Le présent programme visera à améliorer l'évaluation et la gestion des CV dans cette population. Trois volets sont proposés : 1-Évaluer les corrélats neurologiques des CV en utilisant la neuroimagerie ; 2- Créer une banque de données « Signature du risque » ; 3- Développer des traitements spécifiques en utilisant la réalité virtuelle. Le volet 1 visera à mesurer un facteur de risque (l'impulsivité) en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Des études ont montré que deux composantes de l'impulsivité recrutent des voies distinctes dans le cerveau. Lors du volet 2, il y aura création d'une banque de données basée sur les évaluations de la clinique d'évaluation du risque de violence et sur les évaluations des patients suivis à l'Institut Philippe-Pinel.

Les données serviront à faire des études sur les facteurs de risque biopsychosociaux des CV et les manières de mieux gérer le risque. Le volet 3 visera à développer des projets sur la gestion du risque de violence en utilisant la réalité virtuelle tel qu'un traitement des hallucinations auditives chroniques en utilisant des avatars. Les résultats de ces recherches pourraient mener à des changements significatifs de pratique tant sur le plan des évaluations que des traitements.