Rôles, régulation et mécanismes d'action des récepteurs opioïdergiques dans le contrôle de la douleur

 

Louis Gendron

Université de Sherbrooke

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Senior

Concours 2015-2016

Malgré l'existence d'une multitude de médicaments ayant des propriétés analgésiques, le traitement de la douleur demeure souvent problématique. Nonobstant des effets secondaires importants (constipation, nausée, sédation), les opioïdes demeurent les drogues les plus efficaces pour soulager la douleur chronique. Le mieux connu de tous les alcaloïdes demeure sans contredit la morphine. La morphine et ses dérivés se lient et activent au moins 3 types de récepteurs couplés aux protéines G, soit les récepteurs opioïdergiques mu (MOPr), delta (DOPr) et kappa (KOPr). Bien que ces trois sous-types de récepteurs possèdent des propriétés analgésiques, les actions de la majorité des narcotiques utilisés en clinique ont pour cible le récepteur MOP. À l'opposé de ce dernier, l'activation des récepteurs DOP n'entraîne que peu d'effets secondaires. Sous des conditions normales (animaux sains), le pouvoir analgésique des agonistes sélectifs delta est cependant plus faible que celui de la morphine. Au cours des dernières années, il a par contre été montré que sous certaines conditions, l'activation de DOPr peut contrer les sensations douloureuses avec une efficacité voisine à la morphine.

Dans mon laboratoire, nous nous intéressons à l'étude des mécanismes de régulation de l'adressage à la membrane des récepteurs DOP dans des conditions de douleur chronique d'origine inflammatoire ainsi qu'aux effets d'un traitement prolongé avec des agonistes sélectifs delta. Nous nous intéressons aussi à la conception puis à la synthèse de nouveaux analgésiques avec un meilleur profil thérapeutique que la morphine et ses dérivés. Finalement, nous étudions aussi les mécanismes qui engendrent le développement de la tolérance à la morphine. Dans son ensemble, mon programme de recherche vise ainsi à mettre au point de nouvelles stratégies pour augmenter l'efficacité des thérapies contre la douleur et ainsi augmenter la qualité de vie des patients.