Neuroimagerie multimodale des troubles du sommeil : application à l'étude des hypersomnies d'origine centrale

 

Thien Thanh Dang-Vu

Centre de recherche de l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal

 

Domaine : Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2013-2014

 

 

Les causes des troubles du sommeil sont peu comprises. Ces troubles sont pourtant fréquents et altèrent la productivité et la qualité de vie des patients. Je propose d'utiliser des techniques d'imagerie cérébrale de pointe afin d'identifier les régions cérébrales responsables des troubles du sommeil. Cette approche sera plus particulièrement appliquée à l'étude de troubles spécifiques du sommeil responsables de somnolence durant la journée : la narcolepsie et l'hypersomnie idiopathique.

Les patients narcoleptiques s'endorment la journée pendant de courtes périodes de temps, sans être capables de résister au sommeil. La narcolepsie s'accompagne souvent de cataplexie, c'est-à-dire d'épisodes de faiblesse musculaire déclenchés par les émotions. La somnolence chez les narcoleptiques avec cataplexie est liée au manque d'une substance dans le cerveau appelée hypocrétine. Cependant, certains patients narcoleptiques ne présentent jamais de cataplexie. D'autre part, l'hypersomnie idiopathique ressemble fortement à la narcolepsie, avec une somnolence la journée, mais pas de cataplexie. Il n'y a pas de manque en hypocrétine chez les narcoleptiques sans cataplexie et les patients avec hypersomnie idiopathique; les causes de ces troubles restent méconnues. Enfin, tous ces patients somnolents présentent une moindre qualité de leur sommeil la nuit, dont les mécanismes restent incompris.

Mon objectif est d'utiliser l'imagerie cérébrale à l'éveil et au cours du sommeil dans la narcolepsie et l'hypersomnie idiopathique afin d'élucider les causes de somnolence la journée et de comprendre les causes de perturbation du sommeil chez ces patients. Cette méthode de recherche sera par la suite appliquée à d'autres troubles du sommeil. L'identification des régions cérébrales impliquées dans les troubles du sommeil améliorera non seulement notre compréhension des causes, mais permettra aussi de mieux diagnostiquer, mieux prédire l'évolution, et au final mieux traiter ces maladies invalidantes.