Métabolisme cellulaire et progression tumorale : implication des protéines liant l'ARN

 

Marc-Étienne Huot

Centre de recherche de L'Hôtel-Dieu de Québec

 

Domaine :  Cancer

Programme chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2013-2014

Le laboratoire de Marc-Étienne Huot s'intéresse aux protéines liant l'ARN ainsi qu'à leur capacité à réguler les processus biologiques impliqués dans le métabolisme cellulaire et la progression tumorale. En effet, le maintien de l'intégrité de la cellule nécessite un contrôle étroit de son métabolisme, qui est habituellement altéré au cours de l'oncogenèse.

Sa première thématique concerne la régulation de mTOR, une protéine centrale du contrôle de l'activité métabolique cellulaire. Récemment, de concert avec ses collaborateurs, il a mis au jour un mécanisme d'épissage alternatif qui, de toute évidence, affecte la stabilité de l'ARN messager de la protéine. Le défi est maintenant de comprendre comment certaines séquences spécifiques de l'ARNm de la protéine mTOR sont ciblées par les protéines liant l'ARN afin de réguler son épissage, sa stabilité et son expression. Le développement de ces connaissances est nécessaire, car il a toutes les chances de déboucher sur une meilleure compréhension des premiers stades de l'oncogenèse.

La seconde thématique de sa recherche suit encore la trace l'ARNm, mais cette fois sur le plan de la progression tumorale, un aspect de la cancérologie souvent laissé pour compte. Ainsi, Marc-Étienne Huot souhaite élucider la façon dont les protéines liant l'ARN arrivent à réguler la dissémination des cellules cancéreuses dans les tissus distants du foyer primaire du cancer. Ce processus (métastases) demeure encore aujourd'hui extrêmement complexe. Toutefois, les résultats de récents travaux du chercheur indiquent que les protéines liant l'ARN – notamment Sam68 – peuvent réguler la migration et l'adhésion cellulaire, deux fonctions essentielles à la formation de métastases.

Le chercheur a formulé l'hypothèse que la dérégulation de l'activité des protéines liant l'ARN pourrait très bien affecter la capacité des cellules métastatiques à cibler un microenvironnement de tissus spécifiques. Ultimement, ces travaux pourraient rehausser tout le champ thérapeutique lié au contrôle des métastases.