Indices neurophysiologiques des commotions cérébrales

 

Hugo Théoret

Centre de recherche du CHU Ste-Justine

 

Domaine : Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Senior

Concours 2012-2013

Les commotions cérébrales dans le sport sont un problème important touchant des millions d'individus chaque année. Bien que la plupart des symptômes physiques associés à la commotion cérébrale disparaissent à l'intérieur de dix jours, des études récentes suggèrent que certains effets néfastes, particulièrement au niveau moteur, pourraient durer plusieurs années.

Un premier objectif de notre programme de recherche est de déterminer si des mesures objectives de l'activité neuronale des régions motrices du cerveau peuvent prédire la présence de symptômes moteurs persistants. Nous évaluerons l'activité du cortex moteur primaire d'athlètes commotionnés peu de temps après l'incident et ensuite régulièrement pendant un an, de manière à établir un patron d'activité spécifique associé à des déficits à long terme. Un second objectif vise à développer une approche neuromodulatrice pouvant réduire les dysfonctions neurophysiologiques observées chez l'athlète commotionné, et atténuer la sévérité de certains déficits. Nous avons démontré dans le passé la présence d'inhibition accrue dans le cortex moteur primaire d'athlètes commotionnés asymptomatiques, testés en moyenne un an après la dernière commotion cérébrale. De plus, cette sur-inhibition était directement liée à un déficit d'apprentissage moteur. Or, il est maintenant possible, à l'aide de techniques de stimulation non invasives, de moduler l'activité de régions précises du cerveau, et d'ainsi promouvoir une meilleure performance à certaines tâches.

Nous tenterons donc ici d'utiliser la stimulation électrique transcrânienne à courant direct pour atténuer les dysfonctions neurophysiologiques motrices chez l'athlète commotionné de manière à augmenter la performance de ces derniers à une tâche d'apprentissage moteur. L'approche proposée permettra de mieux comprendre les facteurs expliquant la chronicité de certains symptômes et permettra le développement d'outils permettant la normalisation des atteintes neurophysiologiques et comportementales présentes chez l'athlète commotionné.