Étude protéomique de la réponse cellulaire aux agents causant des dommages à l'ADN dans le cancer colorectal

 

Francois-Michel Boisvert

Université de Sherbrooke

 

Domaine : Cancer

Programme chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2012-2013

La radiothérapie et la plupart des médicaments de chimiothérapie couramment utilisés contre le cancer ciblent l'ADN. La réponse cellulaire à ces traitements dans les tissus malins et normaux détermine l'efficacité du traitement. Cette réponse est un processus complexe impliquant de multiples voies cellulaires de réparation d'ADN qui sont spécifiquement activées selon le type de dommages à l'ADN. Ces voies ont donc un grand potentiel en tant que cibles pour la thérapie du cancer.

Nous avons développé un ensemble de techniques qui combine les protocoles de fractionnement cellulaire permettant la purification de différents compartiments cellulaires, ainsi que des techniques de spectrométrie de masse qui permettent l'identification et la quantification simultanée de milliers de protéines. Nous avons utilisé ces techniques pour caractériser les changements dans la localisation cellulaire des protéines après un traitement de cellules humaines de cancer du côlon avec l'étoposide, un médicament chimiothérapeutique qui cause des bris d'ADN double brin. Nos expériences préliminaires démontrent que les dommages à l'ADN modifient les propriétés du complexe protéique MCM normalement impliqué dans la réplication d'ADN pendant la division cellulaire.

Mon programme de recherche propose d'utiliser une approche combinant la protéomique quantitative et la biochimie des protéines afin d'identifier et caractériser les protéines associées au complexe MCM et ainsi élucider le mécanisme dans lequel ce complexe joue un rôle lors de la réponse cellulaire aux dommages à l'ADN. Cette information conduira à une meilleure compréhension de la façon dont les différentes classes de médicaments de chimiothérapie peuvent provoquer des dommages à l'ADN dans les cellules malignes en comparaison avec les cellules normales. Ceci permettra d'éventuellement prioriser une intervention thérapeutique plus directe par l'identification de molécules et/ou interactions spécifiques qui pourront servir de cibles pour des médicaments.