Devenir des prématurés dans le contexte d'une prise en charge conservatrice du canal artériel

 

Gabriel Altit

Centre universitaire de santé McGill [CUSM]

 

Domaine : santé de la mère, des enfants et des adolescents

Programme Formation de maîtrise pour les détenteurs d'un diplôme professionnel

Concours 2018-2019

Partenaire :

Fondation des Étoiles

Les bébés nés dans un contexte d'extrême prématurité ont la persistance d'un vaisseau essentiel durant la vie fétale (le canal artériel) qui entraîne, en période post-natal, une redirection du flux sanguin vers les poumons, les inondant d'un apport excessif, au détriment des autres organes qui se voient privés d'une bonne irrigation sanguine. Nombreuses complications de la prématurité ont été attribués à la persistance du canal artériel (hémorragie cérébrale, insuffisance respiratoire, nécrose intestinale) dans les études observationnelles. Plusieurs stratégies afin d'encourager la fermeture de ce vaisseau ont été étudiées (fermeture avec médications ou ligature chirurgicale), mais n'ont pas été associées à une amélioration des effets néfastes attribués à ce vaisseau. Ces thérapies, dont les effets secondaires peuvent être significatifs (atteinte rénale, baisse du flux sanguin cérébral, rétention hydrique), sont encore aujourd'hui utilisées dans la plupart des unités néonatales chez les bébés les plus immatures et fragiles, et ce, malgré les recommandations de l'Académie américaine de pédiatrie d'en éviter leur emploi. Aussi, la ligature chirurgicale a été associée à de nombreuses complications significatives (paralysie des cordes vocales, dysfonction cardiaque ou pulmonaire post-chirurgicale).

Toutefois, une approche conservatrice n'a pas non plus été prouvée comme sécuritaire chez ces bébés immatures et fragiles qui semblent, selon les études observationnelles, ressentir l'effet de ce canal artériel. Aucune étude n'a été faite pour comparer la thérapie médicale et chirurgicale menant à la fermeture du canal à une approche conservatrice d'observation. L'étude proposée comparera une cohorte d'extrême prématuré qui n'a pas eu d'interventions à une cohorte contemporaine qui a reçu des traitements pour le canal artériel afin d'en favoriser la fermeture. Ainsi, cette étude pourrait apporter certaines informations sur une pratique qui reste d'actualité dans la majorité des unités de néonatalogie prenant soins de bébés né avant 29 semaines d'âge gestationnel.