Des temps d'attente aux résultats cliniques, du volume à la valeur des soins: vers un changement de paradigme dans l'évaluation de la performance aux urgences

 

Simon Berthelot

Centre de recherche du CHU de Québec - Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ)

 

Domaine : Services de santé

Programme Chercheurs-boursiers cliniciens - Junior 1

Concours 2016-2017

La plupart des pays développés doivent composer avec une augmentation importante des dépenses dans leurs services socio-sanitaires, mettant même en péril les autres missions gouvernementales. Confronté à une qualité de soins inégale malgré des investissements en santé représentant plus de 40% du budget de l'état, le Gouvernement du Québec fait face à des impératifs de rationalisation du système de soins. Au-delà d'une logique comptable de réduction des dépenses, l'objectif des réformes structurelles en cours demeure la dispensation des meilleurs soins aux meilleurs coûts. En l'absence de mesures de performance appropriées, les décideurs du réseau doivent manœuvrer à l'aveugle afin d'identifier les secteurs où l'existence de sur- ou sous-utilisation des ressources laissent présager des gains d'efficience. Ce programme de recherche a pour objectif de développer des indicateurs qui permettront d'évaluer la qualité des soins dans les urgences en fonction de l'argent qui y est dépensé. Plus précisément, il appliquera le concept de valeur aux urgences.

On schématise la "valeur" par l'équation V=P/C; où V signifie valeur; P est la performance telle que mesurée par l'indicateur de résultats choisi (ex: mortalité dans l'infarctus); et C représente les coûts engagés pour parvenir à ces résultats. La valeur est donc les résultats de santé obtenus pour chaque dollar investi. Les trois phases de ce programme permettront de: 1) tester des méthodes de calcul du coût des soins d'urgence par activité; 2) développer des indicateurs de résultats des soins d'urgence; et 3) dériver des indicateurs de valeur (V=P/C).

Dans un contexte de restrictions budgétaires, il importe non pas d'abord de couper les dépenses, mais  d'accroître la valeur des soins d'urgence et d'offrir des services de la plus haute qualité aux plus faibles coûts possibles.