Corticostéroïdes et syndrome de détresse respiratoire aigu

 

François Lamontagne

Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du CHUS

 

Domaine : Santé circulatoire et respiratoire

Programme chercheurs-boursiers cliniciens - Junior 1

Concours 2012-2013

Trop souvent, les gestes que posent les médecins lorsqu'ils soignent leurs patients ne reposent pas sur des données scientifiques convaincantes. Dans ce contexte, même quand il existe un consensus entre experts, les interventions médicales exposent les patients à des risques non négligeables. Il existe plusieurs exemples de pratiques médicales qui furent complètement invalidées lorsqu'étudiées de façon rigoureuse. Je propose un programme de recherche qui vise justement à vérifier les effets d'une pratique courante, l'administration d'un médicament dans la famille de la cortisone, chez des patients atteints d'une inflammation respiratoire souvent mortelle : le syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA).

Selon des données récentes, les différents syndromes d'inflammation respiratoire, dont la forme la plus sévère est le SDRA, affectent 79 personnes par tranche de 100 000 habitants annuellement. Ceci implique que dans une population de 8 000 000 d'habitants comme le Québec, plus de 6 000 individus seront atteints à chaque année. Le risque de mortalité varie entre 30 et 50 % mais, malheureusement, même ceux qui survivent restent affectés longtemps par des troubles qui limitent considérablement leur qualité de vie. 

Les corticostéroïdes (comme la cortisone) sont des anti-inflammatoires puissants utilisés depuis de nombreuses années pour traiter les syndromes d'inflammation respiratoire comme le SDRA. Malheureusement, les meilleures données scientifiques à l'heure actuelle ne nous permettent pas de dire si le recours à ces médicaments est bénéfique ou nuisible. Nous avons mis sur pied un vaste programme de recherche de le but est de mesurer avec précision et rigueur les effets de ces médicaments afin d'assurer aux patients souffrant de SDRA des soins plus efficaces et sécuritaires.