Allergies alimentaires sévères: désensibilisation et rétablissement de la tolérance orale

 

Philippe Bégin

Centre de recherche du CHU Ste-Justine

 

Domaine : Maladies infectieuses et immunitaires

Programme chercheurs-boursiers cliniciens - Junior 1

Concours 2016-2017

La prévalence des allergies alimentaires a triplé au cours de la dernière décennie, affectant aujourd'hui 8% des enfants canadiens.  En plus du très réel risque d'anaphylaxie et de mort, l'allergie alimentaire s'associe à un fardeau psychologique et social souvent sous-estimé.  Il n'y a actuellement aucun traitement à visée curative disponible, l'approche actuelle consistant à recommander un évitement strict de ou des aliments et de prescrire un auto-injecteur d'adrénaline en cas de contact accidentel. 

Alors que certaines allergies peuvent se résoudre spontanément, d'autres, comme celle aux arachides ou aux noix, vont persister chez plus de 75% des patients. Les mécanismes immunologiques qui différencie ceux qui résolvent et ceux qui gardent leur allergie sont largement incompris à l'heure actuelle.


L'immunothérapie orale est une nouvelle approche expérimentale pour traiter les allergies alimentaire consistant en l'administration régulière et progressive de l'allergène par la bouche pour induire un état de désensibilisation. Le but est d'offrir une protection contre les expositions accidentelles et éventuellement de permettre une introduction ad lib des aliments dans la diète.


Notre groupe de recherche s'intéresse au développement de nouvelles méthodes pour améliorer l'efficience et l'efficacité de l'immunothérapie orale pour l'allergie alimentaire, que ce soit en personnalisant le traitement en fonction des allergies du patient, en explorant de nouvelles voies d'administration de l'allergène ou en la combinant avec d'autres traitements anti-allergiques.

Du plus, nous procédons à des études translationnelles pour étudier les mécanismes immunologiques qui sous-tendent le développement de tolérance orale soutenue chez les sujets traités par immunothérapie et ceux qui résolvent spontanément leur allergie.  Enfin, nous cherchons à identifier précocement les barrières à une implémentation clinique pour favoriser un transfert éventuel rapide vers la pratique clinique au Québec.