Transformer la trajectoire neurologique des enfants à risque en améliorant le monitorage cérébral, identifiant des biomarqueurs quantitatifs sur le cerveau en développement qui soient capables d'évaluer, en temps réel, de nouvelles stratégies neuroprotectrices: un programme translationnel

 

Gregory Anton Lodygensky

Centre hospitalier universitaire Sainte Justine

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme Chercheurs-boursiers cliniciens - Junior 2

Concours 2019-2020

Les grands prématurés sont à risque de séquelles. L'exposition à une infection du placenta lors de la grossesse ou après la naissance est reconnue comme un facteur de risque d'atteinte cérébrale. Hélas, il n'y a pas d'outils robustes permettant de quantifier en période aiguë l'atteinte inflammatoire du cerveau du prématuré ni de détecter une réponse positive à un médicament qui protège le cerveau. Enfin une fois les lésions survenues il n'est pas évident de pouvoir prédire quelles enfants  à risque ni si un traitement neuroprotecteur garde son effet bénéfique à très long terme.

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) ne peut être effectuée de manière quotidienne chez des grands prématurés aux soins intensifs, ce qui est possible avec de nouvelles techniques en imagerie optiques et en ultrason ultrarapide qui permettent de mesurer avec précision l'oxygénation cérébrale et de quantifier les réseaux neuronaux. Ainsi la combinaison de ces techniques ouvrent de grandes perspectives. Nous évaluerons ces techniques de pointes complémentaires dans deux modèles de préclinique de lésion cérébrale (inflammatoire et dégénérative précoce) pour la quantification lésionnelle et évaluer la réponse thérapeutique. De plus nous confirmerons certains marqueurs chez l'humain grâce une étude multicentrique en cours chez le prématuré.

Ces techniques non-irradiantes permettront d'accélérer l'évaluation de nouveaux médicaments. Elles pourront être intégrées dans des études cliniques de neuroprotection chez l'enfant, une situation où il est impossible de faire des études du cerveau au microscope et où l'évaluation neuro-développementale peut prendre entre 2 et 8 ans. En effet, ce programme permettra de mettre au point des biomarqueurs robustes de l'intégrité cérébrale chez les enfants à risque, que nous allons implémenter au travers de la  Plateforme canadienne du Cerveau néonatal (cnbp.ca) que j'ai mis sur pied avec le soutien du fond canadien de la recherche sur le cerveau.