Rôles des protéines liant l'ARN et du métabolisme cellulaire dans la tumorigenèse et la progression tumorale

 

Marc-Étienne Huot

Centre hospitalier universitaire de Québec [CHUQ]

 

Domaine : cancer

Programme Chercheurs-boursiers - Junior 2

Concours 2018-2019

Notre laboratoire étudie comment les protéines liant l'ARN régulent la dissémination métastatique (thématique I), ainsi que le métabolisme cellulaire (thématique II) lors de la progression tumorale.  

Thématique I : L'implication de la régulation des ARNm dans la progression tumorale est souvent laissée pour compte. C'est pourquoi nous tentons de pallier à cette omission en déterminant comment les protéines liant l'ARN peuvent réguler la dissémination des cellules cancéreuses. Ce processus complexe permet à ces dernières de quitter la tumeur primaire afin de former des tumeurs secondaires (métastases) dans des tissus distants. Nos résultats indiquent que les protéines liant l'ARN peuvent réguler plusieurs mécanismes essentiels à la formation de métastases, tels que la migration et l'adhésion cellulaire. Nous émettons donc l'hypothèse que la dérégulation de l'activité des protéines liant l'ARN affecte la capacité des cellules métastatiques à cibler des tissus spécifiques. Ces résultats offriront de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant de bloquer la progression tumorale et prévenir la formation de métastases.

Thématique II : Le maintien de l'intégrité cellulaire nécessite un contrôle étroit du métabolisme cellulaire. Notre deuxième thématique de recherche concerne la régulation de mTOR, une protéine centrale du métabolisme cellulaire. Dans ce thème, nous étudierons deux nouveaux mécanismes de régulation, que nous avons récemment découvert, touchant la protéine mTOR. Le premier élucidera comment les protéines liant l'ARN s'associent à des séquences spécifiques présentes dans l'ARNm de mTOR pour réguler son épissage, sa stabilité et son activité. Le deuxième concerne un mécanisme dérégulant les fonctions métaboliques normales. Cette dérégulation est causée par des mutations fréquemment retrouvées dans les tumeurs cérébrales de bas grade, qui favoriseraient la progression tumorale en promouvant la prolifération et la survie des cellules cancéreuses. Ces résultats permettront de comprendre ces nouveaux modes de régulation du métabolisme cellulaire habituellement dérégulé dans les cancers réfractaires aux traitements.