Prise en charge médicale des victimes de traumatisme craniocérébral admises à l'unité des soins intensifs

 

François Lauzier

Centre hospitalier universitaire de Québec [CHUQ]

 

Domaine : services de santé

Programme Chercheurs-boursiers cliniciens - Senior

Concours 2018-2019

Malgré leur jeune âge et une histoire médicale généralement sans antécédent, les victimes de traumatisme craniocérébral (TCC) modéré et grave développent davantage de complications que les autres patients admis à l'unité des soins intensifs (USI). Ces complications, dues au traumatisme ou aux traitements de maintien des fonctions vitales, peuvent avoir des conséquences majeures. Parmi ces problèmes, on compte les lésions de l'hypophyse et le mauvais fonctionnement des autres glandes comme les surrénales, la thyroïde, les ovaires et les testicules. On dénombre également la sous-alimentation et la carence en vitamine D, deux conditions pouvant altérer les différents mécanismes de réparation suivant un TCC. Cependant, l'association entre ces complications, les chances de survie et les symptômes souvent rapportés par les victimes de TCC demeure incertaine.

Ce programme de recherche vise à optimiser la prise en charge de ces problèmes afin d'améliorer le devenir des victimes de TCC. Nous allons d'abord réaliser une étude incluant 168 patients afin de mieux comprendre l'impact des troubles hypophysaires sur la récupération fonctionnelle, la qualité de vie et les signes de dépression durant la phase de réadaptation. Nous réaliserons également un essai clinique incluant 748 patients afin de déterminer si l'utilisation de corticoïdes à l'USI pour remédier au mauvais fonctionnement des surrénales prévient les séquelles neurologiques à long terme. Enfin, nous évaluerons l'impact de la sous-alimentation et de la carence en vitamine D à l'aide d'une base de données et d'une biobanque d'échantillons sanguins bâties au cours des dernières années.

Tous ces projets sont des étapes obligatoires avant de recommander l'utilisation étendue des corticoïdes et avant de réaliser des essais cliniques de grande envergure visant à évaluer si l'hormonothérapie durant la réadaptation, l'optimisation de l'alimentation et la supplémentation en vitamine D durant le séjour à l'USI ont un impact cliniquement important chez cette population vulnérable.