Physiopathologies de la dépression et du suicide : fondements neuroanatomiques

 

Naguib Mechawar

Centre de recherche de l'Hôpital Douglas

 

Domaine : Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Junior 2

Concours 2012-2013

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, la dépression majeure affecte plus de 121 millions de personnes. La conséquence la plus dramatique de cette maladie vient du fait que de 7 à 15 % des patients qui en sont atteints se suicident. On croit que la dépression survient suite à une altération de la plasticité cérébrale, particulièrement au sein de régions impliquées dans la régulation de l'humeur. Cette hypothèse a été le point de mire de nombreuses études au niveau macroscopique. En particulier, les études d'imagerie cérébrale ont associé à la dépression des changements fonctionnels et morphologiques au sein de régions cérébrales telles que le cortex préfrontal, le cortex cingulaire antérieur, l'hippocampe et l'amygdale. Une meilleure connaissance des changements cellulaires sous-jacents est nécessaire si nous voulons mieux comprendre comment la communication et la plasticité cellulaires sont affectées au sein de cerveaux de patients souffrant de dépression.

Malheureusement, la neuroanatomie fine de cette maladie psychiatrique demeure peu étudiée. L'objectif majeur de mon programme de recherche est d'étudier la neuroanatomie fine et la neuroplasticité des circuiteries cérébrales impliquées dans la régulation de l'humeur. Pour mener mes projets de recherche, mon équipe et moi avons accès à des échantillons cérébraux bien caractérisés (Banque de cerveaux du Québec) provenant d'individus ayant souffert de dépression ou n'ayant eu aucun trouble psychiatrique. De plus, nous utilisons dans mon laboratoire des modèles animaux de la dépression majeure afin d'explorer, par exemple, les conséquences du stress chronique sur le cerveau, ou les mécanismes impliqués dans la réponse aux antidépresseurs. Ces études devraient nous permettre de mieux comprendre les fondements cellulaires et moléculaires de la dépression majeure et du suicide.