Mécanismes moléculaires de virulence chez la moisissure Aspergillus fumigatus

 

Don Sheppard

Université McGill

 

Domaine : Maladies infectieuses et immunitaires

Programme chercheurs-boursiers - Senior

Concours 2012-2013

Aspergillus fumigatus est un champignon de type moisissure qui peut se révéler pathogène chez deux catégories de patients. Chez les patients ayant un système immunitaire déficient, A. fumigatus peut induire de sévères pneumonies, souvent fatales. Chez les patients ayant une maladie pulmonaire, le champignon peut coloniser les voies aériennes et aggraver la condition pulmonaire pré-éxistante. Malheureusement, les traitements antifongiques disponibles ont atteint leurs limites aussi bien pour la prévention que pour le traitement de ces infections. Notre programme de recherche a pour but de comprendre le processus d'infection de l'hôte humain par A. fumigatus afin de développer de nouvelles voies thérapeutiques. 

Au cours des 4 dernières années, nos recherches nous ont permis d'identifier une nouvelle molécule, le galactosaminogalactane, produite par certains champignons du genre Aspergillus. Chez A. fumigatus, cette molécule est essentielle pour l'attachement aux cellules pulmonaires de l'hôte, et pour la colonisation des tissus et le processus inflammatoire qui l'accompagne. De plus, nous avons démontré l'implication des mastocytes, une lignée de globules blancs, qui (de façon inattendue) empirent le processus pathologique et favorisent l'infection fongique.

La suite de nos travaux va être consacrée à l'élucidation des mécanismes moléculaires et cellulaires du développement de la maladie qui impliquent le galactosaminogalactane ou les mastocytes. De plus, nous allons développer de nouveaux outils thérapeutiques qui cibleront soit le galactosaminogalactane soit les mastocytes, et qui seront efficaces dans le contexte de pneumonie invasive comme dans celui de colonisation pulmonaire chronique. Nous croyons que de tels outils pourraient être un ajout essentiel aux traitements antifongiques actuellement disponibles, et pourraient favoriser de meilleurs taux de survie et de rémission pour les deux classes de patients.