Les mots et le cerveau : Est-ce que la réadaptation en lecture pour les personnes ayant une dégénérescence maculaire liée à l'âge peut améliorer le fonctionnement cognitif?

 

Walter Wittich

Université de Montréal

 

Domaine : vieillissement

Programme Recherches sur la dégénérescence maculaire liée à l'âge (Programme DMLA)

Concours 2018-2019

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) et la maladie d'Alzheimer, deviennent toutes les deux plus fréquentes à mesure que nous vieillissons. Les recherches portant sur leurs mécanismes indiquent que les deux pourraient être des symptômes d'une cause commune sous-jacente, ou peuvent être également liées à un contexte plus complexe lié à la fragilité. La recherche sur le traitement de la démence a fourni des informations préliminaires selon lesquelles le déclin sensoriel peut être lié à la progression de la démence à travers le concept de privation sensorielle. Par exemple, le cerveau est moins stimulé lorsque les personnes âgées ont moins d'informations qui entrent dans leur système à cause de la perte sensorielle, accélérant ainsi le processus de déclin cognitif. Les données sur la réadaptation auditive soutiennent l'idée qu'une meilleure audition peut avoir un effet bénéfique sur le cerveau. Cependant, il n'y a jusqu'à présent aucune donnée disponible qui indique si la réadaptation visuelle pourrait également avoir un effet protecteur ou bénéfique.

Notre projet vise à combler cette lacune en proposant de suivre 100 patients atteints de DMLA bénéficiant d'une intervention de réadaptation en lecture pour un an. L'étude testera leurs capacités cognitives et leurs progrès en réadaptation afin de répondre à la question consistant à savoir si la réadaptation en basse vision peut être protectrice ou réparatrice au niveau de la cognition. Si nous constatons que la réadaptation en lecture a effectivement de tels effets bénéfiques sur les patients atteints de DMLA, nous serons en mesure de présenter des arguments solides pour intégrer les soins de la vision, de la démence et la réadaptation. Une telle protection permettra aux personnes âgées atteintes de DMLA de vivre de façon autonome pendant une période plus longue, en maintenant à la fois les facultés sensorielles et cognitives dans une forme optimale.