Les mécanismes neuronaux impliqués dans les troubles alimentaires

 

Elena Timofeeva

Centre de recherche de l'Institut univesitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Senior

Concours 2014-2015

Dans mon laboratoire nous étudions le contrôle de la prise alimentaire par le cerveau et comment ce contrôle peut être altéré et entraîner un comportement alimentaire troublant. Plus spécifiquement, durant les quatre prochaines années, notre recherche s'orientera sur les mécanismes neuronaux du développement de l'hyperphagie boulimique. Pour aborder ce problème, nous avons créé un modèle de rat développant l'hyperphagie boulimique après avoir connu un stress chronique, des restrictions alimentaires répétées et l'accès à de la nourriture appétissante. Ce modèle a révélé que, dans les conditions normales, la prise alimentaire est sous le contrôle des centres cérébraux homéostatiques tandis que, dans les conditions d'hyperphagie boulimique, ce contrôle se déplace vers les régions du cerveau impliquées dans la récompense et la dépendance.

Le présent projet explorera donc les mécanismes de ce changement dynamique de l'activité neuronale. Une autre énigme est que les épisodes de boulimie représentent habituellement une adaptation au stress chronique : l'individu consomme des aliments appétissants en excès pour combattre le stress. Le présent projet étudiera donc comment le stress chronique altère les mécanismes neuronaux qui peuvent déclencher des épisodes de suralimentation en réponse au stress. Une autre question intrigante qui sera abordée par le présent projet est : pourquoi le taux d'incidence des troubles de l'alimentation est environ 10 fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes? Pour étudier ce problème, nous avons développé un modèle de rat pour lequel le stress chronique et la restriction alimentaire répétée déclenche une suralimentation chez les femelles mais pas chez les mâles. Ce modèle a montré l'implication possible d'un neuropeptide orexigène relaxin-3 dans le stress chronique induisant une suralimentation chez les femelles.

En résumé, ce programme de recherche va générer de nouvelles connaissances sur les mécanismes neuronaux liés aux troubles alimentaires et proposer de nouvelles solutions thérapeutiques.