Les bases neurobiologiques de la toxicomanie et leur modulation

 

Anne-Noël Samaha

Université de Montréal

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanie

Programme chercheurs-boursiers - Junior 2

Concours 2014-2015

La toxicomanie est le désordre neuropsychiatrique le plus prévalent mondialement, causant 12 % des décès dans le monde. Au Canada, la toxicomanie engendre 40 milliards de dollars de dépenses par année, soit le double des dépenses associées au cancer. Les médicaments approuvés pour la toxicomanie sont d'une efficacité insuffisante, et sont inexistants pour l'addiction aux drogues stimulantes telles la cocaïne et les amphétamines. Un obstacle au développement de nouveaux traitements est une méconnaissance des changements dans le cerveau qui mènent à la toxicomanie. L'objectif global de nos travaux est d'identifier ces changements. À cette fin, nous combinons des modèles animaux de consommation de drogue à des techniques de neurochimie et de biologie moléculaire.

Dans un 1er projet, nous voulons comprendre pourquoi la toxicomanie est plus probable lorsqu'une drogue parvient au cerveau rapidement. Par exemple, s'injecter de la cocaïne est plus addictif que consommer par une voie plus lente telle la voie intra nasale. Nous avons découvert que lorsque la cocaïne parvient au cerveau rapidement, elle suractive deux régions cérébrales inter liées, le striatum et le cortex orbitofrontal. Notre objectif est de déterminer si la livraison rapide de cocaïne favorise la toxicomanie en induisant des changements neurochimiques et moléculaires dans ces régions. Dans un 2e projet nous cherchons à comprendre pourquoi la toxicomanie est si courante chez les personnes schizophrènes. Nous évaluons la possibilité que les médicaments prescrits aux personnes schizophrènes changent le système dopaminergique du cerveau de façon à augmenter le risque d'abus de drogues. Enfin, dans un 3e projet, nous étudions le rôle de la neurotensine, une molécule impliquée dans la communication entre certains neurones, dans l'abus d'amphétamine.  

Ce travail nous permettra de mieux comprendre la toxicomanie et ses mécanismes neurobiologiques. Ces nouvelles connaissances pourraient contribuer à l'élaboration de nouveaux médicaments pour cette maladie.