Le raisonnement chez les personnes autistes : mécanismes cognitifs et cérébraux

 

Isabelle Soulières

Centre recherche Fernand-Seguin de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine

 

Domaine : Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2012-2013

Les individus autistes performent beaucoup mieux au niveau du raisonnement abstrait que leur niveau d'intelligence ou d'adaptation apparent ne pourrait laisser croire. En fait, la croyance populaire et scientifique voulait que les autistes soient déficitaires dans toutes les tâches dites complexes. De plus en plus d'évidences suggèrent cependant qu'à la fois les supériorités perceptives et les mécanismes d'apprentissage différents seraient caractéristiques de l'autisme. Cela entraînerait une préférence pour le raisonnement visuel : les autistes pourraient être plus enclins à penser avec des images qu'avec des mots ou des hypothèses comme le font les non-autistes.

Dans le plan de recherche proposé, je veux comparer des participants autistes et non-autistes pour comprendre les mécanismes cérébraux de raisonnement et de résolution de problèmes des autistes. En utilisant des techniques d'imagerie cérébrale fonctionnelle et des tâches informatisées, je vais investiguer les différences entre autistes et non-autistes dans (1) les habiletés de raisonnement face à des problèmes visuels versus verbaux; (2) la modulation des mécanismes de raisonnement en lien avec la complexité des problèmes; ainsi que (3) les interactions entre les régions cérébrales impliquées dans le raisonnement.

Le but à long terme de mon programme de recherche est de développer une meilleure compréhension des modes de raisonnement privilégiés des autistes, de même que des mécanismes cognitifs et cérébraux sous-tendant le raisonnement autistique, afin de développer des méthodes ciblées d'enseignement, d'apprentissage et de travail adaptées aux autistes.