Le fonctionnement physiologique et cognitif en lien avec le stress chez les personnes LGBT

 

Robert-Paul Juster

CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

 

Domaine : santé différentielle des sexes

Programme Chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2019-2020

La communauté de lesbiennes, gais, bisexuelles et transgenres (LGBT) vivent de la stigmatisation pouvant nuire à leur santé physique et mentale. À ce jour, le lien «stress-maladie» a rarement été étudié en utilisant des marqueurs biologiques objectifs du stress. Par exemple, l'hormone du cortisol est importante pour l'adaptation à des situations de stress. Cependant, quand celle-ci est produit en quantité excessive lors d'un stress chronique, cela entraîne des problèmes. La charge allostatique réfère à cette «usure» multi-systémique que nous calculons en utilisant des biomarqueurs neuroendocriniens (cortisol) immunitaires (marqueurs inflammatoires), cardiovasculaires (pression artérielle) et métaboliques (cholestérol). Le stress chronique, le cortisol et la charge allostatique sont aussi reliés à de multiples problèmes cognitifs, qui arrivent suite à un dysfonctionnement dans les régions du cerveau chargées de l'émotion, de la mémoire et de l'attention. Ces régions peuvent être altérées chez les personnes LGBT stigmatisées.
 
Notre objectif est d'évaluer comment la stigmatisation se glisse «sous la peau et dans le crâne» des individus LGBT dans deux études. La première étude évaluera la réactivité au stress (cortisol) en laboratoire et évaluera le fonctionnement cognitif de 120 personnes transgenres âgées de 21 et 29 ans qui suivent un traitement hormonal, qui seront comparés à 120 personnes cisgenres - des personnes qui considèrent que leur sexe assigné à la naissance («homme» ou «femme») correspond à leur identité de genre («je me sens comme homme/femme»). La deuxième étude évaluera la charge allostatique avec 24 biomarqueurs, ainsi que le fonctionnement cognitif de 300 personnes LGBT entre 60 et 75 ans, qui seront aussi comparés à des adultes hétérosexuels et cisgenres. Dans une perspective de redonner à la communauté, nous espérons identifier des facteurs associés à la résilience, qui guideront le développement et la mise à l'essai d'interventions visant à promouvoir la santé et le bien-être des personnes LGBT.