Le dimorphisme sexuel est-il présent dans les fonctions cérébrales sous-tendant les cognitions sociales et les habiletés visuo-spatiale chez les personnes souffrant de psychose?

 

Adrianna Mendrek

Centre recherche Fernand-Seguin de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine

 

Domaine : Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Junior 2

Concours 2012-2013

La schizophrénie touche 1% de la population et représente un trouble complexe avec des conséquences sociales dévastatrices. D'importantes différences hommes-femmes sont observées, tels que l'âge du premier épisode psychotique et les réponses au traitement. Néanmoins, nous en savons encore très peu sur les mécanismes cérébraux ou hormonaux qui sous-tendent ces différences. Au cours des dernières années, nous avons établi un programme pluridisciplinaire qui permet d'évaluer les facteurs neurocognitifs, émotionnels et hormonaux associés aux différences hommes-femmes atteints de troubles psychotiques. Il s'agit donc d'un programme ambitieux exigeant minimalement une décennie supplémentaire de recherche, mais le présent programme sera concentré sur les quatre années à venir.

L'objectif de la phase actuelle vise l'évaluation des différences cérébrales associées au sexe chez les patients atteints d'un premier épisode psychotique (PEP) et chez les proches au premier degré (PPD). Plus formellement, nous comparerons les habiletés visuo-spatiales et les cognitions sociales de ces groupes. Nous allons également déterminer la contribution des facteurs biologiques tels que les stéroïdes sexuels, ainsi que les facteurs psychosociaux, tels que la socialisation du rôle sexuel, afin de comprendre les impacts de ces facteurs sur le fonctionnement neurocognitif. Basé sur la recension et sur nos résultats, nous prévoyons observer des différences sexuelles atypiques dans les profils cognitifs et les activations cérébrales qui y sont associées chez les patients avec PEP et le groupe sain de PPD. Plus précisément, les femmes PEP (et PPD) auront des capacités visuo-spatiales supérieures aux hommes, mais elles seront inférieures sur les mesures de cognition sociale (une tendance inverse de ce qui est observé dans la population générale).

Les retombées de notre programme vont essentiellement contribuer à l'identification des bio-marqueurs de trait et de vulnérabilité spécifiques aux psychoses.