Laboratoire de recherche sur la régulation de la prolifération des cellules souches adultes

 

Patrick Narbonne

Université du Québec à Trois-Rivières [UQTR]

 

Domaine : organismes vivants

Programme Chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2018-2019

Le vieillissement a longtemps été considéré comme étant le plus grand facteur de risque pour développer un cancer mais, selon de récentes évidences, il pourrait plutôt s'agir du nombre total de divisions exécutées par nos cellules souches durant notre vie qui est vraiment le plus grand facteur de risque. En effet, combinée à une sélection naturelle favorisant la survie et la prolifération, l'accumulation d'erreurs commises aléatoirement durant la division cellulaire tend à transformer toutes nos cellules souches en cellules cancéreuses. Ainsi, plus nous vivons longtemps, plus nos cellules souches se divisent, plus elles peuvent se dérégler et progresser vers la tumorigénèse. Les autres types cellulaires ont typiquement une courte durée de vie, ou possèdent une capacité prolifératrice réduite, de sorte que le risque pour qu'ils puissent initier une tumorigénèse est très bas. Pour qu'une cellule souche devienne cancéreuse elle doit, durant sa transformation, s'échapper des mécanismes qui contrôlent rigoureusement sa prolifération. Le fait que des cellules souches isolées et mises en culture puissent proliférer indéfiniment in vitro (en l'absence de ces mécanismes inhibiteurs) en constitue une simple démonstration.

Pour comprendre le cancer, nous devons donc mieux définir ces mécanismes qui régulent la prolifération des cellules souches in vivo. L'un de ces mécanismes est relié au vieillissement et inhibe progressivement toutes les fonctions des cellules souches. Un autre s'assure que les cellules souches se divisent seulement quand de nouvelles cellules différenciées sont requises. Fait particulièrement intéressant, ce second mécanisme possède des propriétés localisées qui pourraient éventuellement être utilisées pour influencer l'activité de populations spécifiques de cellules souches par des drogues.

Nous voulons mieux définir ces mécanismes hautement conservés efficacement dans un modèle invertébré qui est hautement manipulable. Nos travaux pourraient ainsi avoir un grand impact sur nos stratégies médicales en prévention et traitement du cancer, ainsi qu'en médecine régénératrice.