L'utilisation des cellules souches dans l'étude et le traitement des maladies du foie

 

Massimiliano Paganelli

Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

 

Domaine :  santé de la mère, des enfants et des adolescents

Programme chercheurs-boursiers-cliniciens  - Junior 1

Concours 2017-2018

Le traitement premier de l'insuffisance hépatique aiguë et chronique, comme pour la plupart des maladies métaboliques du foie est la transplantation hépatique. Malheureusement, seulement 400 greffes par an sont réalisées au Canada alors que 5000 personnes décèdent chaque année de maladies du foie. Ma recherche vise à utiliser les cellules souches pour développer des thérapies innovantes pour remplacer les fonctions hépatiques déficitaires des patients souffrant de maladies hépatiques.

Nous obtenons des cellules souches (cellules souches pluripotentes induites ou iPSCs) à partir de patients et de sujets sains pour générer des cellules du foie (« hépatocytes ») et des petits foies en trois dimensions (« organoïdes »). Nous utilisons ces hépatocytes et organoïdes pour construire des modèles de maladies hépatiques afin de faire avancer les connaissances et tester de nouveaux médicaments. Nous testons l'efficacité de ces hépatocytes dans le traitement des maladies métaboliques du foie. Nous allons corriger la mutation causant la maladie dans les iPSCs du patient par édition génomique. Nous allons ensuite générer des hépatocytes à partir de ces iPSCs désormais « saines », pour les réinjecter dans le patient (transplantation « autologue » de cellules) et guérir définitivement sa maladie sans nécessité de greffe, traitements à vie ou diètes contraignantes.

Nous allons d'abord tester cette approche dans un modèle animal de tyrosinémie (une pathologie sévère particulièrement fréquente au Québec) pour valider le concept, puis nous la transposerons à d'autres maladies métaboliques. Nous sommes aussi en train d'utiliser nos organoïdes hépatiques pour développer un produit novateur capable de remplacer les fonctions hépatiques déficitaires chez des patients avec insuffisance hépatique. L'objectif ultime est de prévenir et traiter les complications ainsi que d'améliorer la survie, sans greffe de foie ou thérapies à vie.