L'innovation technologique au service de la recherche en psychiatrie : traitement de la schizophrénie résistante et gestion de la violence

 

Alexandre Dumais

CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme Chercheurs-boursiers cliniciens - Junior 2

Concours 2019-2020

La programmation de recherche s'articule autour de traitements novateurs pour la schizophrénie résistante et l'amélioration de la gestion de la violence. Le projet principal, la Thérapie Avatar (TA), développe un traitement visant à diminuer l'instabilité affective et comportementale de patients atteints de schizophrénie en utilisant la réalité virtuelle. L'utilisation de « traitements utilisant des avatars » simulant les hallucinations auditives réfractaires permet aux patients d'apprendre à réguler leurs émotions dans des périodes où la symptomatologie est importante. Un essai contrôlé randomisé à simple insu comparant la TA avec la thérapie cognitivo-comportementale sera lancé en 2019. Cette thérapie veut pallier aux lacunes des approches pharmacologiques et psychosociales existantes. La programmation s'intéresse aussi aux spécificités neurobiologiques chez des personnes atteintes de schizophrénie résistante et à risque de violence. Un second projet cherche à documenter les effets sur le cerveau de la Clozapine, particulièrement sur les régions montrées dysfonctionnelles et associées à la violence en utilisant l'imagerie par résonance magnétique. Ce médicament est utilisé pour les patients résistants et aide à gérer le risque de violence.

Cependant, pour les cas d'ultra résistance, c'est-à-dire les patients ne répondant pas complètement à ce médicament, la thérapie Avatar pourrait compléter le traitement. Un projet ultérieur combinera ces 2 traitements afin de vérifier leur complémentarité sur le plan clinique et neurophysiologique. Enfin, il a été démontré que la consommation de cannabis est un facteur de risque de résistance au traitement ; et dans une de mes études précédentes, la consommation chronique est un facteur de risque de la violence auprès de patients atteints de troubles mentaux graves. Une étude pilote longitudinale de 1 an aura pour objectif de préciser le profil de consommation de cannabis augmentant le risque de récidive de comportements violents dans une population psychiatrique. Parallèlement, j'adapterai la TA afin de traiter les troubles de consommation de cannabis.