Facteurs de risque et conséquences des troubles hypophysaires chez les victimes de traumatisme craniocérébral modéré et grave

 

François Lauzier

Centre de recherche du CHA - Hôpital de l'Enfant-Jésus

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme consortium pour le développement de la recherche en traumatologie- volet 1

Concours 2014-2015

Partenaires

Ministère de la Santé et des Services sociaux
Société de l'assurance automobile du Québec
Réseau privincial de recherche en adaptation-réadaptation
Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux
Associtation des établissements de réadaptation en déficience physique du Québec

Les traumatismes craniocérébraux (TCC) sont la principale cause d'incapacité chez les adultes de moins de 45 ans. Le tiers des survivants souffrent d'invalidité souvent permanente et utilisent abondamment les ressources de première ligne. Les lésions de la glande hypophyse, située à la base du cerveau, comptent parmi les séquelles souvent négligées des TCC. Le mauvais fonctionnement de l'hypophyse, qui provoque des troubles de la thyroïde, des surrénales, des ovaires et des testicules, pourrait avoir un impact négatif sur la qualité de vie et la récupération fonctionnelle. Les symptômes typiquement attribués aux TCC comme la fatigue, les difficultés de concentration, la dépression et la faible capacité à l'effort pourraient être causés par des déficits hormonaux. Cependant, leur impact réel demeure incertain.

L'objectif principal de cette étude est d'évaluer l'impact des troubles hypophysaires sur le pronostic neurologique et la récupération fonctionnelle des victimes de TCC. Nous recruterons 99 patients admis dans 3 unités de soins intensifs et recueillerons des données sur leurs caractéristiques démographiques, leur prise en charge et la gravité du traumatisme. Chaque patient sera soumis à une imagerie par résonance magnétique de l'hypophyse 7 jours après le traumatisme, à des tests hormonaux et à une évaluation fonctionnelle à leur sortie de l'hôpital et à 6 mois.

Nos résultats permettront de mieux comprendre l'impact des troubles hypophysaires. Si nous démontrons que ces troubles affectent le pronostic neurologique ou la récupération fonctionnelle, nos résultats justifieront l'implantation d'une stratégie de dépistage et la conception d'essais cliniques randomisés multicentriques afin d'évaluer l'efficacité d'un remplacement hormonal. Si nous démontrons l'absence de relation entre les troubles hypophysaires et le pronostic, nos résultats permettront d'éviter un dépistage inutile et coûteux, de même qu'un remplacement hormonal potentiellement délétère.