Évaluation d'une faible dose d'anticoagulation dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux et du déclin cognitif chez les sujets atteints de fibrillation auriculaire (BRAIN-AF)

 

Léna Rivard

Institut de cardiologie de Montréal

 

Domaine :  santé des populations

Programme chercheurs-boursiers-cliniciens  - Junior 1

Concours 2017-2018

La fibrillation auriculaire (FA) et la démence sont considérées comme des enjeux majeurs en santé publique. Ces maladies sont associées à une morbidité et une mortalité importante. De plus en plus d'évidences suggèrent un lien entre FA et démence. Quand la FA se développe, les cavités supérieures du cœur perdent leur modèle de contraction synchronisée et deviennent rapides et désordonnées. Puisque le sang dans les oreillettes ne se vide pas complètement, il peut coaguler. Quand un caillot de sang se déloge, une interruption de la circulation sanguine dans le cerveau peut survenir (accident vasculaire cérébral, AVC).

Il existe des critères bien établis pour aider les médecins à décider quels patients atteints de FA devraient recevoir des anticoagulants pour la prévention des AVC. Pour les patients présentant un risque faible, les directives actuelles ne recommandent pas de traitement. Chez ces patients, plusieurs évidences suggèrent la présence importante d'ischémie silencieuse (de minuscules caillots vont dans le cerveau sans causer d'AVC clinique). L'accumulation de lésions d'ischémie silencieuse peuvent mener à un déclin cognitif, c.-à-d., à l'altération d'une ou de plusieurs fonctions (mémoire, compréhension, raisonnement et attention). Dans l'étude BRAINAF, nous émettons l'hypothèse que l'anticoagulation à faible dose (rivaroxaban 15 mg/jour), comparée à l'ASA, permettrait de réduire le risque combiné de survenue d'AVC et de déclin cognitif.

Nous proposons une étude randomisée de 6396 patients qui seront recrutés au Canada et dans des sites internationaux et suivis pendant 5 ans. Les patients devront avoir entre 30-61 ans et ne pas avoir de facteur de risque d'AVC. Si l'hypothèse est validée, l'étude a le potentiel de changer la pratique clinique et d'avoir un impact sur la prévention des troubles cognitifs et de la démence dans la population générale.