Études des modifications épigénétiques dans les leucémies pédiatriques et identification de nouveaux traitements

 

Elodie Da Costa

Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

 

Domaine : cancer

Programme Formation de doctorat

Concours 2019-2020

Partenaire:

Fondation des Étoiles

Les leucémies pédiatriques représentent la première cause de mortalité par maladie chez les enfants, malgré un taux de survie atteignant, de nos jours, les 82%. Toutefois, ces traitements sont extrêmement toxiques puisque 2/3 des enfants traités souffrent de nombreux effets secondaires comme des déficiences neurocognitives, des maladies métaboliques et l'apparition de tumeurs secondaires. Ces effets secondaires sont dus à un défaut de spécificité des médicaments qui ciblent aussi bien les cellules saines que les cellules cancéreuses. Afin de développer de nouvelles approches thérapeutiques plus efficaces et moins toxiques, mon projet vise à tester l'efficacité antileucémique parmi des médicaments déjà approuvés pour le traitement de différentes maladies. Cette stratégie est appelée le repositionnement de médicaments. Mon objectif est de découvrir le potentiel de certains médicaments déjà approuvés pour améliorer le traitement des leucémies pédiatriques qui seront mieux tolérés que la chimiothérapie classique. Particulièrement, je m'intéresse à des médicaments dont les effets permettent de rétablir le bon fonctionnement des gènes pour reprogrammer et convertir des cellules malignes en cellules saines. Cette approche thérapeutique est connue sous le nom de thérapie épigénétique. 

Les résultats de mes travaux serviront de base au déclenchement de nouveaux essais cliniques qui seront réalisés dans notre Centre de recherche. Nos résultats ont démontré jusqu'à présent que la proscillaridine, un médicament utilisé pour traiter les insuffisances cardiaques, possède une grande efficacité anticancéreuse et épigénétique contre les cellules leucémiques et à des doses très sécuritaires pour les cellules saines. La proscillaridine induit l'inhibition de gènes pro-cancérigènes, qui poussent les cellules cancéreuses à se multiplier, ainsi que l'activation de gènes suppresseurs de tumeurs, qui rétablissent un profil non pathologique aux cellules cancéreuses. Des études plus poussées sont en cours pour valider notre nouvelle stratégie thérapeutique avant la transition vers la clinique.