Étude des mécanismes cérébro-spinaux impliqués dans l'impact comportemental de la douleur expérimentale et de la douleur chronique

 

Mathieu Roy

Université McGill

 

Domaine :  Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Junior  1

Concours 2017-2018

La principale fonction de la douleur est de nous motiver à réagir à un risque de blessure potentielle. Cependant, lorsque la douleur survient il est souvent trop tard pour éviter le danger. Il est en effet beaucoup plus avantageux de tenter d'éviter la douleur avant qu'elle n'arrive. En ce sens,  la douleur témoigne donc également d'une erreur dans la longue série de décisions qui nous ont amenés à nous exposer inutilement au danger. L'objectif à court terme de ma recherche visera donc à comprendre comment le cerveau apprend à éviter la douleur, ainsi que comment ces mécanismes d'apprentissage peuvent influencer notre perception de la douleur.

Pour ce faire, je propose de mener une série de cinq études d'imagerie cérébrale qui visera à comprendre : 1-les biais qui nous amènent à surestimer la probabilité de douleur, 2- l'effet de signes annonciateurs de la douleur sur la perception de douleur, 3- les biais de confirmation qui nous empêchent de réduire nos attentes de douleur, 4- la difficulté à « désapprendre » des comportements d'évitement mésadaptés, 5- la difficulté à apprendre des comportements d'évitements adaptés. 

Mon objectif à plus long terme sera de comprendre comment  ces mécanismes d'apprentissage peuvent contribuer à la chronicisation de la douleur lorsque les gens sont exposés à la douleur qui est difficile à contrôler. Mon hypothèse est que la douleur incontrôlable conduit à un état d'anticipation anxieuse et de stress chronique qui finit par maintenir la douleur. Finalement, d'autres projets de recherche viseront à comprendre comment certaines interventions thérapeutiques, comme l'exercice physique ou la thérapie cognitivo-comportementale, peuvent agir sur le stress qui sous-tend la douleur chronique.