Éliminer la transmission du virus de l'hépatite C (VHC) chez les populations clés co-infectées au VHC et au VIH au Canada: une étude de modélisation mathématique pour informer les politiques publiques de santé

 

Charlotte Laniece

Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill

 

Domaine : maladies infectieuses et immunitaires

Programme Formation de doctorat

Concours 2019-2020

Partenaire:

RÉSEAU CANADIEN POUR L'HÉPATITE C

En 2015, l'OMS a résolu d'éliminer l'hépatite C en tant que menace pour la santé publique, en réduisant notamment de 90% l'incidence de l'hépatite C chronique et de 65% la mortalité due au virus de l'hépatite C (VHC) d'ici 2030. 25% des 70,000 personnes vivant avec le VIH au Canada sont coinfectées au VHC. Cette coinfection accélère la progression de l'hépatite vers la cirrhose et le cancer du foie. La découverte récente des antiviraux à action directe (AAD) a considérablement amélioré les taux de guérison des patients coinfectés, rendant possible leur traitement et ainsi la prévention de nouvelles infections. Cela implique cependant de traiter toutes les personnes coinfectées. Or, l'épidémie de VIH-VHC progresse parmi les personnes autochtones s'injectant des drogues, dont l'accès aux soins est par ailleurs difficile. Simultanément, l'incidence du VHC augmente chez les hommes séropositifs ayant des rapports sexuels avec des hommes. Ces populations connaissent également des taux de réinfection élevés.

Pour atteindre les objectifs de l'OMS, des interventions adaptées à chaque population doivent être conçues et évaluées avant d'être mises en œuvre à grande échelle. Mon projet vise à évaluer l'impact potentiel d'interventions pour l'élimination du VHC parmi les principales populations coinfectées au Canada. J'utiliserai pour cela des modèles mathématiques (des simulations informatiques d'épidémies), qui lorsque combinés à des données robustes permettent de prédire l'évolution d'une épidémie en réponse à différentes interventions. Ces simulations peuvent être mises à jour au fur et à mesure que de nouvelles données affluent. Les résultats permettront de construire des études efficaces pour évaluer des interventions en situation réelle. Mon objective global est donc d'évaluer la capacité d'interventions spécifiques à réduire l'incidence et la prévalence du VHC au sein des populations coinfectées vulnérables, et par là de faciliter l'évaluation et la mise en œuvre de stratégies d'élimination adaptées à ces populations.