Effet du stress chronique sur la santé neurovasculaire, le développement de la dépression et la maladie d'Alzheimer

 

Caroline Menard

Université Laval

 

Domaine : neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme Chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2018-2019

Une personne sur cinq souffrira de dépression majeure au cours de sa vie. L'organisation mondiale de la santé a récemment déterminé que la dépression est désormais la cause principale d'incapacité dans le monde touchant plus de 300 millions d'individus. Les symptômes incluent des épisodes dépressifs récurrents, l'irritabilité, la perte de plaisir, des difficultés de concentration et des perturbations de l'appétit et du sommeil. Des études cliniques ont rapporté une forte prévalence de la dépression chez les patients souffrant d'affections incluant une composante inflammatoire notamment les maladies cardiovasculaires (17-27%) et la maladie d'Alzheimer (MA, 30-50%). Plusieurs patients déprimés sont caractérisés par une réponse immunitaire accrue. Le stress chronique est associé à des changements au niveau neurovasculaire et neuroimmunitaire et il est possible que des différences individuelles soient responsables de la résilience versus vulnérabilité au stress et le développement de la dépression.

Cependant, les mécanismes par lesquels ces systèmes interagissent avec le cerveau pour induire ces comportements demeurent à ce jour largement inconnus. Je compte explorer cette question en évaluant les effets du stress chronique sur la barrière hémato-encéphalique (BHE). En effet, la BHE représente l'ultime frontière entre le système immunitaire et le cerveau. Je propose de combiner des expériences moléculaires, morphologiques, fonctionnelles et comportementales afin de mieux cerner l'importance de la BHE et la santé neurovasculaire dans le développement de la dépression. Je compte également appliquer ces techniques sur un modèle de souris Alzheimer. En effet, la forte prévalence de la dépression chez les individus souffrant de la MA pourrait être liée à la perméabilité de la BHE et l'infiltration subséquente de signaux immunitaires favorisant la neurodégénérescence.

Une meilleure connaissance de la biologie neurovasculaire et neuroimmunitaire associées au stress pourrait permettre le développement de traitements novateurs et plus appropriés pour certaines populations de patients déprimés, notamment ceux souffrant de maladies neurodégénératives.