Diversification des anticorps par désamination de l'ADN dans le centre germinatif

 

Javier Marcelo Di Noia

Institut de recherches cliniques de Montréal [IRCM]

 

Domaine : maladies infectieuses et immunitaires

Programme Chercheurs-boursiers de mérite

Concours 2019-2020

La capacité du système immunitaire des humains à éliminer presque tous les agents pathogènes dépend de sa capacité à produire des anticorps spécifiques, de haute affinité et avec des fonctions adaptées à chaque agent pathogène. Cette capacité extraordinaire est rendue possible par des mécanismes qui modifient (mutent) les gènes d'anticorps pour permettre ensuite la sélection des meilleurs. Les mêmes mécanismes qui améliorent les anticorps peuvent parfois échouer, provoquant une immunodéficience, ou peuvent fonctionner incorrectement et prédisposer au cancer. Ces résultats contrastants du même processus sont conséquence d'un compromis inévitable qui provient de la manière dont notre système immunitaire, très sophistiqué et hautement efficace, a évolué, mais cela a un impact réel sur la santé humaine. Pour identifier les causes de ces maladies et les remèdes possibles, nous avons besoin de comprendre le fonctionnement normal de ces mécanismes. Le principal domaine de notre programme de recherche étudie la fonction et la régulation de l'enzyme qui fait muter les gènes d'anticorps, appelée AID, pour comprendre qu'est-ce que limite ses effets secondaires pathogéniques.

Nous étudions également comment les mécanismes qui modifient les gènes d'anticorps influencent le processus par lequel les cellules qui produisent des anticorps sont sélectionnées. Nos recherches dans ce domaine permettent de comprendre les causes de maladies humaines et visent à améliorer les stratégies de vaccination. Le deuxième domaine de notre programme étudie une enzyme récemment découverte appartenant à la même famille que l'AID. Cette enzyme a une activité jamais décrite auparavant chez les vertébrés et pourrait participer à la production des éléments constitutifs de l'ADN. Par conséquence, elle peut métaboliser et limiter l'efficacité d'un type de médicaments anticancéreux très utilisé qui ressemblent aux éléments constitutifs de l'ADN. Nous étudions la fonction normale de cette enzyme et sa relevance pour le traitement du cancer.