Dissection moléculaire du parasitage des fonctions cellulaires par les virus de la dengue et Zika et développement de nouvelles classes d'antiflaviviraux

 

Laurent Chatel-Chaix

Institut national de la recherche scientifique [INRS]

 

Domaine : maladies infectieuses et immunitaires

Programme Chercheurs-boursiers - Junior 2

Concours 2018-2019

Les infections par les flavivirus constituent un enjeu de santé publique majeur dans le monde. Notamment, le virus de la dengue (VDEN) cause la maladie virale transmise par les insectes la plus prévalente mondialement et est potentiellement mortel.

Plus récemment, l'éclosion dans les Amériques du virus Zika (VZIK), proche parent du VDEN, a attiré énormément d'attention. En effet, le VZIK se répand extrêmement rapidement et peut causer des microcéphalies chez les nouveau-nés suite à une transmission congénitale en plus d'autres complications neurologiques.

Malheureusement, aucune thérapie antivirale n'est disponible à ce jour pour traiter ces maladies. Le développement de drogues antivirales représente un défi de taille qui est en partie dû à notre compréhension modeste des mécanismes moléculaires régissant les cycles viraux du VDEN et du VZIK.

Suite à l'entrée de ces virus dans la cellule, les protéines virales remodèlent les organites membranaires cytoplasmiques tels que le réticulum endoplasmique et les mitochondries et ce, afin de créer un environnement intracellulaire qui est favorable à la réplication virale. Intuitivement, ce remodelage implique l'activation de processus proviraux et l'inhibition de mécanismes de défense.

Le présent programme de recherche vise à identifier ces processus cellulaires reprogrammés par le VDEN et le VZIK à leur avantage et à disséquer au niveau moléculaire les mécanismes gouvernant ces interférences. Nous nous concentrerons tout particulièrement sur le destin du génome viral ainsi que sur les mitochondries, la « centrale énergétique de la cellule » et leurs fonctions incluant la mort cellulaire programmée, l'homéostasie intracellulaire du calcium et le métabolisme. Finalement, grâce aux outils développés, nous proposons de concevoir de nouvelles petites molécules antivirales qui inhibent la réplication du VZIK et du VDEN.

Ainsi ce projet dans son ensemble pourrait ouvrir la voie au développement de nouvelles thérapies traitant les symptômes associés à ces pathogènes.