Développement précoce de nouveaux traitements pour le lymphome à grande cellule diffuse et la leucémie myéloïde aiguë

 

Sarit Assouline

CIUSSS de l'Ouest-de-l'Ile-de-Montréal

 

Domaine : cancer

Programme Chercheurs-boursiers cliniciens - Senior

Concours 2018-2019

Mon principal objectif est d'améliorer la survie des patients atteints de leucémie et de lymphome en mettant à l'essai de nouveaux traitements.

L'amélioration de la survie pour patients atteints de lymphome diffus à grandes cellules (LDGCB) récidivant, une maladie diversifiée génétiquement et la plupart du temps mortelle, nécessite une approche concertée . Ainsi, j'ai découvert que le panobinostat permet d'obtenir des rémissions inhabituellement longues et que les mutations dans le gène MEF2B étaient en corrélation avec la réponse. Je validerai cette découverte chez une cohorte plus vaste et dans des modèles de lignées cellulaires. Mes données préliminaires suggèrent que le panobinostat altère la sensibilité aux "checkpoint inhibitors" chez les non-répondants. Ces traitements ont révolutionné les soins de santé en oncologie, et les efforts tels que les miens sont essentiels pour en augmenter l'efficacité. Enfin, je mettrai à l'essai le vénétoclax, un inhibiteur de BCL2, en association avec la chimiothérapie chez des patients atteints de LDGCB récidivant, chez lesquels BCL2 est couramment exprimé et entraîne une résistance à la chimiothérapie.

Certaines leucémies aiguës myéloblastiques  (LAM) surexpriment l'oncogène eIF4E. Pendant onze ans, j'ai évalué différents moyens de cibler l'eIF4E chez les patients. À présent, par le biais d'un vaste profilage génomique, j'entends harmoniser la définition de cette LAM avec les sous-groupes de LAM définis par l'OMS, afin d'identifier clairement les patients chez qui le ciblage de l'eIF4E sera curatif. Aussi, nous avons récemment découvert que l'eIF4E entraîne chez les cellules leucémiques la formation d'une enveloppe d'acide hyaluronique qui favorise leur croissance, une propriété qui n'était auparavant attribuée qu'aux tumeurs solides. Fait remarquable, la ribavirine reduit cette enveloppe, tout comme l'hyaluronidase. Administrés en association, ces médicaments permettent de réduire encore davantage l'enveloppe. Par conséquent, je mettrai à l'essai la ribavirine et l'hyaluronidase chez des patients atteints de LAM, une approche extrêmement novatrice.