Comportements suicidaires chez les adolescents et les adultes: comprendre le rôle de l'intimidation à l'école pour mieux intervenir

 

Marie-Claude Geoffroy

Centre de recherche de l'Hôpital Douglas

 

Domaine : Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2016-2017

Le suicide est un énorme problème de santé publique qui pourrait être en partie évité par des mesures efficaces. L'adolescence est une période importante pour poser les fondements de la bonne santé mentale et prévenir le suicide. C'est pendant cette période de la vie qu'apparaissent les idéations suicidaires et les tentatives de suicide, les deux précurseurs immédiats du suicide. L'intimidation est un sérieux problème.

Au Québec, près de 20% des adolescents sont intimidés par leurs pairs chaque année, ce qui signifie que dans une classe de 30 enfants, au moins six sont victimes d'intimidation. Contrairement à une croyance populaire, l'intimidation n'est pas un rite de passage obligé, mais bien une forme d'adversité pouvant laisser des traces à long terme. L'intimidation pourrait contribuer au suicide comme le suggère certaines études.  Cependant, bien que l'intimidation puisse représenter un risque pour les comportements suicidaires, la majorité des adolescents intimidés ne développe pas de problèmes aussi sérieux. Le modèle stress-diathèse postule que certaines personnes vulnérabilisées au niveau génétique sont plus à risque de comportements suicidaires lorsqu'elles sont soumises à un stress important tel que l'intimidation. 

Les connaissances issues de mon programme de recherche permettront de mieux comprendre le rôle de l'intimidation sur le développement des idéations suicidaires et des tentatives de suicide à l'adolescence et l'âge adulte. Ceci permettra d'identifier les personnes intimidées les plus susceptibles de devenir suicidaires. De telles connaissances sont cruciales pour améliorer notre compréhension de la nature de ce problème inquiétant et d'informer les décideurs publics et les cliniciens sur les profils hautement à risque et ainsi prendre des décisions éclairées en terme de prévention.