A la poursuite du lien entre la lumière artificielle nocturne et le cancer de la prostate

 

Martin Aubé

Institut national de la recherche scientifique [INRS] - Cégep de Sherbrooke

 

Domaine : cancer

Programme Programme d'appui à la recherche pour les enseignants-chercheurs de collège

Concours 2019-2020

Il a récemment été démontré que l'exposition à la lumière intrusive nocturne (LIN), même à de très faibles niveaux, entraîne des changements physiologiques. Ces derniers incluent la baisse des taux de l'hormone mélatonine, qui pourrait augmenter les risques de nombreuses maladies, notamment le cancer de la prostate (CP). La population et les autorités urbaines font présentement face à un questionnement à ce sujet, mais les bases scientifiques sont pratiquement inexistantes, faute de données d'exposition à la LIN dans la population et de leur rare application en recherche.

Nous proposons un projet innovateur qui s'articule autour de l'étude des liens statistiques entre la survenue du CP et le niveau et le spectre de la LIN à proximité des habitations ainsi que dans les chambres à coucher. La recherche sera appliquée à la population vivant sur les territoires de Montréal. La recherche fera intervenir:

a. le développement de techniques de télédétection multispectrale, incluant l'exploitation scientifique des images couleur prises par les astronautes depuis la station spatiale internationale avec d'autres données satellitaires;

b. l'utilisation du LANcube, un instrument capable de mesurer la LIN sur les plans multispectral et multi-angulaire et l'affinement des techniques d'analyse des données;

c. la modélisation numérique de la propagation de la LIN dans l'environnement urbain;

d. la validation in situ de la LIN déduite par la combinaison de la télédétection et de la modélisation;

e. l'exploitation des bases de données PROtEuS, une imposante étude cas-témoins portant sur les causes environnementales du CP.
          
Ce projet de recherche transdisciplinaire audacieux lie les sciences naturelles et génie aux sciences de la santé. Pour ce faire, Marie-Élise Parent, épidémiologiste à l'Institut de recherche scientifique (Québec) travaillera en synergie avec Martin Aubé, chercheur reconnu mondialement dans le domaine de la détection et de la modélisation numérique de la lumière artificielle nocturne.