Mettre fin à la transmission du sida?



Les Québécois sont en bonne position pour éradiquer la propagation du VIH, pense Cécile Tremblay, professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l'Université de Montréal.

La scientifique a piloté le volet canadien de l'étude IPERGAY, menée par l'Agence nationale sur le sida en France et soutenue par les réseaux des essais cliniques VIH canadiens. L'étude a révélé que la prise d'un traitement antirétroviral préventif au moment des rapports sexuels diminue de 86 % le risque d'infection par le virus du sida.

La prise d'un traitement antirétroviral préventif au moment des rapports sexuels diminue de 86 % le risque d'infection par le virus.

Ce médicament, appelé Truvada, est déjà accepté par Santé Canada pour traiter les personnes séropositives. Son efficacité est indéniable s'il est utilisé de façon continue, mais les gens oublient souvent de le prendre. La professeure Tremblay et ses collègues du Centre hospitalier de l'Université de Montréal ont donc évalué la possibilité d'administrer le  médicament « à la demande » auprès de 350 homosexuels français et 53 homosexuels canadiens ayant des relations intimes non protégées.

Une partie des hommes a pris le Truvada avant et après chaque rapport sexuel alors que les autres recevaient un placebo. Mais comme le pouvoir du Truvada à protéger les séronégatifs a rapidement été démontré – dans le cadre d'une analyse préliminaire –, le placebo a été abandonné. Tous les participants testent actuellement le médicament jusqu'en 2016, afin d'identifier d'éventuels effets secondaires et d'analyser l'efficacité à long terme.

Le traitement préventif vise les populations à très haut risque de contracter le VIH, tels les travailleurs du sexe ou les individus ayant des partenaires multiples. Combiné au port du condom et à des pratiques sexuelles sécuritaires, il devrait porter un grand coup à la transmission du VIH et se traduire en importantes économies pour le secteur de la santé.