Fermer la porte au coronavirus



L'immunité contre la COVID-19 augmente très rapidement à la suite de l'infection, mais la quantité d'anticorps baisse déjà après six semaines.

Le coronavirus, comme plusieurs virus, utilise des « clés » spécifiques – des protéines – pour entrer dans les cellules humaines. Afin de vaincre la COVID-19, il faut donc identifier les grains de sable, soit les anticorps, qui empêcheront le coronavirus de tourner ses clés dans le « verrou » cellulaire.

Pour comprendre l'engrenage moléculaire propre au coronavirus, Andrés Finzi, professeur agrégé au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l'Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche du CHUM, a conçu des tests sérologiques (analyse sanguine) en collaboration avec Héma-Québec et le Laboratoire de la santé publique du Québec.

Grâce à ces tests, le professeur Finzi, également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en entrée rétrovirale, et son équipe ont été parmi les premiers à montrer que l'immunité contre la COVID-19 augmente très rapidement à la suite de l'infection, mais que la quantité d'anticorps baisse déjà six semaines après la maladie. De plus, même si plusieurs anticorps reconnaissent le virus, tous ne sont pas nécessairement capables de l'enrayer.

Les tests d'Andrés Finzi et d'Héma-Québec ont aussi été utilisés pour valider la qualité du plasma convalescent – la partie liquide du sang provenant de personnes guéries de la COVID-19 – à transfuser chez des patients infectés par le coronavirus, dans le cadre d'une étude clinique pilotée par le Dr Philippe Bégin du CHU Sainte-Justine. En effet, selon les chercheurs, il serait possible de transférer les anticorps protecteurs de personnes rétablies à des patients et patientes en début de maladie pour limiter la gravité des symptômes. Cet essai clinique est toujours en cours au Québec, alors qu'Andrés Finzi tente de dénicher les meilleurs anticorps pour lutter contre la COVID. Il espère ainsi concocter un cocktail d'anticorps bénéfiques qui pourrait constituer la base d'un futur traitement.