Dormir pour mieux réussir



Un sommeil efficace peut se traduire par de meilleures performances scolaires en mathématiques et en langues.

D'après les travaux de Reut Gruber, chercheuse à l'Institut Douglas et professeure au Département de psychiatrie de l'Université McGill, les résultats obtenus dans ces matières dépendent en partie de la qualité du sommeil de l'enfant. Pourtant, ce paramètre est souvent ignoré lorsqu'un élève a des difficultés scolaires.

Un sommeil de courte durée ou de mauvaise qualité serait un facteur de risque à considérer en cas de difficultés scolaires.

La pédopsychologue clinique espère que ses constats amèneront les pédiatres à sonder les habitudes de sommeil de leurs patients dans le cadre des examens médicaux de routine. Parallèlement, elle incite les écoles à encourager les saines habitudes de sommeil au même titre que l'exercice et l'alimentation.

Reut Gruber a étudié par actigraphie le sommeil de 75 enfants en bonne santé, âgés de 7 à 11 ans, de la Commission scolaire Riverside de Saint-Hubert. Cette méthode consiste à enregistrer à l'aide d'une montre-bracelet les mouvements effectués par l'enfant lorsqu'il dort et permet d'évaluer les habitudes de sommeil, son efficacité, ainsi que sa durée réelle par rapport au temps passé au lit. La chercheuse a ensuite comparé les divers patrons de sommeil avec les notes inscrites au bulletin. Elle a observé que les enfants qui dormaient efficacement, c'est-à-dire sans réveils pendant au moins 85 % de la nuit, obtenaient de meilleurs résultats en mathématiques et en langues.

Étonnamment, elle n'a vu aucun impact sur les notes en sciences et en arts. Selon la chercheuse, les fonctions exécutives qui participent à la planification, à l'attention et à l'aptitude à accomplir plusieurs tâches demandent un cerveau bien reposé. Ainsi, un sommeil de courte durée ou de mauvaise qualité serait un facteur de risque à considérer en cas de difficultés scolaires. La professeure Gruber espère étendre prochainement son étude aux écoles secondaires.