Le dynamisme des chercheurs québécois dans le secteur de la santé n'est plus à démontrer. Au fil des ans, ils ont fait des découvertes importantes qui ont eu des retombées concrètes sur la santé de la population, tant québécoise que mondiale.


Les années 30

Déjà, dans les années 30, des chercheurs du Québec font figure de pionniers : Wilder Penfield fonde l'Institut neurologique de Montréal en 1934 et met au point une méthode chirurgicale pour traiter l'épilepsie; en 1936, Hans Selye, chercheur à l'Université de Montréal, décrit pour la première fois le phénomène du stress, ou syndrome général d'adaptation. En 1938, Armand Frappier, un pionnier dans le domaine des vaccins, fonde le premier centre de recherche médicale canadien français, l'Institut de microbiologie et d'hygiène de Montréal, qui deviendra en 1975 l'Institut Armand-Frappier. Au cours de la même période, hors des sentiers battus, Félix d'Herelle découvre les bactériophages et devient, selon plusieurs, le fondateur de la biologie moléculaire moderne, tout en offrant une contribution remarquée à la santé internationale.

Des années 50 aux années 80

Plus tard, dans les années 50, à l'Institut neurologique de Montréal, Brenda Milner démontre l'importance du rôle de l'hippocampe (une région du cerveau située dans les lobes temporaux) dans la mémorisation des faits nouveaux et des expériences vécues. Paul David fonde l'Institut de cardiologie de Montréal en 1954. Haut lieu de la cardiologie, l'Institut se distingue notamment en pratiquant, en 1968, la première transplantation cardiaque de l'histoire médicale canadienne. Jacques Genest, reconnu comme le Québécois ayant le plus contribué à l'avancement de la recherche biomédicale au cours des 40 dernières années, fonde le Club de recherches cliniques du Québec, en 1959, le Conseil de recherches médicales, en 1964 (qui deviendra le Fonds de la recherche en santé du Québec, en 1981), de même que l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) en 1967.

En 1961, à l'Université de Montréal, André Barbeau parvient à relier la déficience en dopamine (substance retrouvée dans le cerveau) à la maladie de Parkinson. L'application de cette nouvelle connaissance permettra la mise au point d'un premier médicament, à partir de la DOPA, précurseur naturel de la dopamine dans le cerveau. De plus, il découvre l'un des facteurs causant les ataxies (soit la déficience biochimique en acide glutamine) et caractérise une vingtaine de formes de la maladie. André Roch Lecours, quant à lui, fonde en 1972 à l'Hôtel-Dieu de Montréal un groupe de recherche qui deviendra un pôle d'excellence de la recherche interdisciplinaire sur le langage et le cerveau.

Certains traitements ou procédés visant à améliorer la santé en vigueur aujourd'hui découlent de découvertes réalisées dans les années 60, 70 et 80. Par exemple, c'est en 1969 que le Québec commence à enrichir le lait de vitamine D, sur la base d'une recherche du Dr Charles Scriver, de l'Université McGill; l'incidence du rachitisme passe alors de 1 pour 200 nouveau-nés à 1 pour 20 000. En 1972, le Dr Jean-H. Dussault, de l'Université Laval, met au point un test de dépistage de l'hypothyroïdie congénitale utilisé aujourd'hui dans le monde entier; en 2000, on estimait que 150 millions de nouveau-nés y avaient été soumis. En 1989, Bernard Belleau met au point le 3TC (ou lamivudine), une molécule antisida maintenant utilisée en combinaison avec d'autres médicaments.

Les 30 dernières années

Les 30 dernières années ont aussi été riches en découvertes : mise en évidence de mutations causant l'hypercholestérolémie familiale chez les Canadiens français, conception d'une théorie pour mieux comprendre les mécanismes de la douleur, découverte de gènes prédisposant au cancer du sein, meilleure compréhension de la maladie d'Alzheimer, découverte de la capacité des neurones de se régénérer dans le système nerveux central, mise au point d'un test pour diagnostiquer précocement la scoliose, développement de tests rapides pour diagnostiquer des infections bactériennes fulgurantes...

Depuis sa création, en 1964, le Fonds de recherche du Québec – Santé est associé de près ou de loin à la plupart de ces découvertes puisqu'il soutient les centres, les groupes et les réseaux de recherche dans lesquels travaillent la majorité des chercheurs du domaine de la santé, et qu'il attribue chaque année notamment des bourses à des centaines de chercheurs-boursiers et d'étudiants-chercheurs, tout en finançant plusieurs projets de recherche.

Pour en savoir plus, consultez Le fil de la recherche en santé au Québec.