Création d'un Observatoire international sur les impacts sociétaux de l'intelligence artificielle et du numérique


En résumé

Année de concours :

2018-2019

 

Date limite (demande) :

31 août 2018, 16h

 

Montant :

2 200 000$ par année

 

Durée du financement :

5 ans

 

Mandaté par la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, le scientifique en chef et les trois Fonds de recherche du Québec (FRQ), en partenariat avec le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation (MESI), invitent la communauté scientifique à répondre à un appel à propositions visant à mettre sur pied un observatoire international dont le thème portera spécifiquement sur les impacts sociétaux de l'intelligence artificielle (IA) et du numérique. Pôle de recherche mondial dans le domaine de l'IA, le Québec pourra, avec cette entité, fédérer les forces vives en recherche dans ce domaine, mettre en collaboration plusieurs disciplines autour d'un enjeu multidimensionnel au profit d'une réflexion globale, contextualisée et pluridisciplinaire, et, ultimement, accompagner l'écosystème d'innovation en IA en matière sociale. En assurant des activités de veille, de recherche, de formation et de mobilisation des connaissances, notamment pour soutenir la prise de décision et alimenter les politiques publiques, l'Observatoire fera du Québec un leader mondial dans la réflexion sur les impacts de l'IA et du numérique dans toutes les sphères de la société.

Le Fonds gestionnaire est le FRQSC.

 


1.

Contexte

Le Québec, comme le monde entier d'ailleurs, fait face à des changements rapides et profonds, résultant notamment de la présence accrue du numérique qui révolutionne nos façons de faire et de vivre. Le numérique accélère le déploiement d'outils qui sont d'importants catalyseurs d'innovation. On en a pour preuve les avancées fulgurantes de l'IA accélérée grâce à l'apprentissage profond qui permet de traiter et d'analyser une quantité massive de données. Les innovations technologiques en IA sont un vecteur important du développement économique et contribuent à l'amélioration des conditions de vie. Leur impact sur la société soulève toutefois des défis majeurs, que ce soit, à titre d'exemples, en matière d'emploi, de santé, d'éducation, de technologie, de sécurité, de démocratie, de justice ou encore d'éthique. Ces défis traversent les frontières, nécessitent une réflexion et des actions pour lesquelles tous les acteurs de l'écosystème de recherche sont appelés à jouer un rôle clé, et ce, en étroite collaboration avec les parties prenantes des milieux de l'industrie, du gouvernement et de la société civile.

Une première étape a été franchie en novembre 2017 avec le Forum sur le développement responsable de l'IA et le lancement de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l'intelligence artificielle . Dans les suites de ces deux activités, les FRQ, de concert avec leurs partenaires, ont tenu le 27 mars dernier une journée d'échanges et de réflexion autour de la création d'un observatoire mondial sur les impacts sociétaux de l'IA et du numérique. Réunissant près d'une centaine de personnes en provenance de la grande majorité des universités québécoises, de ministères et d'organismes de la société civile et du milieu de l'IA, cette journée a permis de poser les premiers jalons de cette entité.

Le même jour était annoncée, dans le cadre du Plan économique du Québec 2018, une enveloppe de 5 M$ pour appuyer la création d'ici 5 ans, à Montréal, de l'Organisation mondiale de l'intelligence artificielle (OMIA), une structure complémentaire qui travaillera en étroite collaboration avec l'Observatoire. L'OMIA est décrite comme suit :

« Cette organisation internationale gouvernementale constituera un forum permettant aux États membres d'arriver à un consensus sur les normes et les pratiques qui doivent encadrer ce secteur émergent. L'organisation aura également comme mandat d'assurer la concertation entre les entreprises du secteur privé, les milieux scientifiques et universitaires et les parties prenantes de la société civile pour demeurer à l'affût des tendances, des nouveaux besoins et des problématiques du secteur. De plus, elle agira en complémentarité avec les organismes et instances chargées de structurer la grappe québécoise en intelligence artificielle IA. Elle aura en outre pour mandat de rassembler les acteurs internationaux qui en deviendront membres, apportant ainsi une valeur ajoutée à l'écosystème montréalais. Montréal International sera responsable d'entreprendre les démarches pour favoriser la création et le démarrage de l'Organisation mondiale de l'intelligence artificielle. »

À noter que l'OMIA est une entité distincte de l'Observatoire international sur les impacts sociétaux de l'IA et du numérique. La première est une sorte de tour de contrôle qui permettrait au Québec de se positionner comme meneur international en matière d'IA responsable. Son principal mandat est de soutenir la forte participation des membres québécois de l'écosystème en IA dans les principaux forums canadiens et internationaux existants de même que dans les instances de normalisation et de standardisation concernées par les impacts sociétaux. La seconde est précisément un observatoire prospectif centré sur la recherche, la formation et la mobilisation des connaissances. La mise sur pied d'un Observatoire, en plus des atouts scientifiques et industriels associés à l'IA au Québec, représente un facteur d'attraction d'une telle organisation mondiale.

Finalement, en raison du leadership du Québec dans le domaine de l'IA et des importants investissements en recherche fondamentale et appliquée1, la mise sur pied d'un observatoire sur les impacts sociétaux de l'IA arrive à point nommé, d'autant plus que le contexte mondial du développement technologique en IA nous oblige à agir rapidement.

C'est dans ce cadre que les FRQ, avec leurs partenaires, proposent le présent appel à propositions pour la mise sur pied d'un observatoire international sur les impacts sociétaux de l'IA et du numérique. Pour devenir incontournable et avoir un impact durable, cet observatoire devra être fédérateur, inclusif et ne pourra se limiter à « observer ». Il devra être une vigie et aussi un acteur dynamique et indépendant sans dupliquer les initiatives existantes en la matière, tant au Québec que sur les scènes nationale et internationale.

1Le gouvernement du Québec a investi 100 M$ sur cinq ans pour la création d'une grappe québécoise en IA et le gouvernement fédéral a octroyé 40 M$ au Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal (MILA) dans le cadre de la Stratégie pancanadienne en matière d'IA et 230 M$ à Scale.ai dans le cadre de l'initiative des supergrappes en innovation. L'Université McGill et l'Université de Montréal se sont vu octroyer respectivement 84 M$ et 93,5 M$ par le Fonds d'excellence en recherche Apogée Canada, qui s'élève à 900 M$, pour poursuivre leurs recherches dans le domaine de l'IA. La recherche et le développement en IA est déjà une priorité canadienne qui passe par Montréal et les grandes entreprises de pointe dans ce domaine ont choisi d'investir dans le secteur de l'IA, à commencer par DeepMind, Google, Microsoft, Samsung et Thales. Récemment, Facebook a ouvert un laboratoire de recherche en IA à Montréal, son premier au Canada. Le géant américain va investir également 7 M$ pour appuyer les travaux de recherche qui sont menés à Montréal, en nouant des partenariats avec l'Institut canadien de recherches avancées (ICRA) et MILA. Ajoutons qu'à la suite de l'annonce de la création de l'OMIA faite par le Premier Ministre Philippe Couillard, au début mars à Paris, l'IA est bel et bien au cœur des priorités gouvernementales du Québec et de la France et leur étroite collaboration dans le domaine de l'IA est capitale dans la réflexion sur les enjeux éthiques et sociétaux de ce secteur émergent, réflexion d'ailleurs à partager notamment avec toute la francophonie de façon à encourager la mise en réseau des intervenants en matière de numérique et d'IA dans l'espace francophone.


2.

Description détaillée

Pour la description détaillée de l'appel à projet :

voir le site du Fonds Société et culture

 

 


Avez-vous des questions?

Sophie Gauthier-Clerc

Responsable de programmes
Défis de société et maillages intersectoriels

 Sophie.Gauthier-Clerc

418 643-8560, poste 3255