Neuroplasticité après un AVC

 

Pierre-Michel Bernier

Université de Sherbrooke

 

Domaine : Neurosciences, santé mentale et toxicomanies

Programme chercheurs-boursiers - Junior 1

Concours 2013-2014

Lorsque survient un accident vasculaire cérébral (AVC), les régions motrices primaires sont couramment touchées. La lésion des centres nerveux a alors comme principale conséquence non pas une paralysie, mais un déficit partiel des comportements moteurs des membres controlatéraux. Cette atteinte, que l'on dit « hémiparésique », est l'une des séquelles les plus fréquentes d'un AVC.

Toutefois, une certaine récupération motrice est généralement observée, attribuable en partie à une réorganisation locale au niveau des aires situées en périphérie immédiate de la zone lésée. Des données récentes de neuro-imagerie démontrent aussi, tant chez l'humain que chez l'animal, que cette récupération post-AVC est associée à des modifications fonctionnelles au sein d'aires corticales anatomiquement distantes de l'infarctus. De même, un fait s'avère particulièrement récurrent dans les publications scientifiques, à savoir qu'une hyperactivité est observée au niveau des régions associatives controlésionnelles lors des mouvements du membre affecté.

Ceci étant, les principes qui régissent l'ensemble de ces mécanismes compensatoires demeurent encore assez mal compris. Ces activations accrues, par exemple, jouent-elles un rôle causal dans la planification et le contrôle des mouvements du membre parétique? Pour en savoir plus, Pierre-Michel Bernier étudie la réorganisation anatomo-fonctionnelle du réseau sensorimoteur à la suite d'un AVC.

Pour ce faire, il compte sonder la fonction cérébrale grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et en s'aidant de l'électro-encéphalographie. Il couplera ces techniques à des outils complémentaires – imagerie de diffusion et stimulation magnétique transcrânienne – qui lui permettront aussi de mesurer la connectivité cérébrale.

En bout de piste, ces travaux étayeront un portrait plus complet de la physiopathologie de la motricité post-AVC. Ils permettront ultimement d'optimiser les interventions thérapeutiques en matière de rééducation fonctionnelle.